Selon le groupe de réflexion allemand Agora Verkehrswende, plus de 100 pays sont désormais répertoriés auprès de l’ONU comme étant engagés en faveur de la mobilité électrique. Un record ! Parmi eux, 66 États ont même défini des objectifs concrets pour accélérer le déploiement de la voiture électrique. Ils représentent à eux seuls plus de 60 % des ventes mondiales d’automobiles. Toutefois, cette montée en puissance ne s’accompagne pas de celle de l’infrastructure de recharge, qui reste rarement planifiée.
Une bonne nouvelle pour la planète ! Au moins 104 pays avaient annoncé, au 15 décembre dernier, leur engagement en faveur du développement de l’électromobilité dans le cadre de leurs contributions déterminées au niveau national (CDN) soumises aux Nations Unies, d’après un rapport d’Agora Verkehrswende, un cabinet de conseil allemand spécialisé dans les politiques de transport. C’est un record. Parmi ces États, 66 ont même formulé des objectifs concrets de développement de l’électromobilité, dont les 27 de l’Union européenne (UE). Ils représentent à eux seuls plus de 60 % des ventes mondiales d’automobiles. Mieux, 52 pays ont soumis des objectifs concrets pour la première fois depuis 2015. Ce qui illustre un engagement croissant et rapide depuis l’Accord de Paris, au cours duquel les plans climatiques ont été transmis à l’ONU.
Les stratégies divergent en matière de mobilité électrique
Évidemment, les États n’ont pas la même stratégie en matière de mobilité électrique ni le même niveau d’engagement. Selon Agora Verkehrswende, 56 gouvernements ont fixé des objectifs pour les voitures particulières et les véhicules utilitaires légers, deux segments clés pour le grand public et les flottes professionnelles, tandis que 49 ont pris des engagements sur les bus, et 36 sur les camions. Mais seulement 13 pays ont formulé des objectifs spécifiques sur les deux-roues électriques (motos et vélos).
Agora Verkehrswende note également que les politiques d’accompagnement pour favoriser une mobilité électrique restent limitées. En effet, seuls 9 pays ont émis des objectifs chiffrés concernant le déploiement d’infrastructures de recharge, un élément pourtant central dans l’essor de l’électrique. Parmi ceux-ci figurent Cuba, le Népal, la Barbade et le Rwanda. Par ailleurs, l’électrification des réseaux ferroviaires demeure très marginale, avec seulement 5 États concernés.
L’UE possède les réglementations les plus contraignantes
Agora Verkehrswende indique en outre que l’UE conserve l’architecture réglementaire la plus large parmi les grands marchés automobiles. En effet, les pays européens ont fixé une réduction légalement contraignante de 90% des émissions CO2 des voitures et utilitaires neufs d’ici 2035, tandis que les poids lourds devraient atteindre cet objectif en 2040, avec des jalons respectifs de 55 % en 2030 pour les premiers et de 65% en 2035 pour les seconds.
Le Royaume-Uni et le Canada ont également mis en place des réglementations strictes. Londres vise 100 % de ventes de « zéro émission » d’ici 2035, avec une étape intermédiaire de 80% en 2030 pour les voitures et 70 % pour les camionnettes. De son côté, Ottawa veut atteindre les 100 % en 2035 pour les véhicules légers, avec 90 % en 2030. Mais le gouvernement de Mark Carney a récemment repoussé d’un an le démarrage de la première phase : 20 % de ventes électrique en 2026.
L’évolution de la mobilité électrique dans le monde, une grande source d’espoir
Agora Verkehrswende déplore que des marchés majeurs et de gros émetteurs comme les États-Unis, le Brésil ou la Russie n’aient pas inscrit d’objectifs chiffrés d’électromobilité dans leurs engagements climat transmis à l’ONU. Les États-Unis, en particulier, reculent sur les questions climatiques depuis le retour à la Maison Blanche de Donald Trump, ouvertement climatosceptique (il ne croit pas au réchauffement climatique).
De son côté, l’Inde n’avait pas encore soumis son plan climat national au moment de l’arrêté des données le 15 décembre 2025. Neuf États – dont Andorre, le Cap-Vert, le Chili et le Honduras – ont, eux, tout bonnement retiré les objectifs de véhicules électriques de leurs plans nationaux. En dépit de ces points gris, la mobilité électrique connaît une avancée majeure dans le monde entier. Cette évolution est une grande source d’espoir pour tous ceux qui rêvent d’une planète plus verte.
