Face à la multiplication des réglementations locales, Marie-Pierre Vedrenne veut rendre le port du casque obligatoire pour tous les vélos et trottinettes électriques sur tout le territoire français. La ministre déléguée en charge de la citoyenneté a demandé à la Sécurité routière d’étudier cette possibilité. Mais celle-ci rencontre l’opposition de certaines associations, qui la jugent contre-productive. Elle découragerait notamment la pratique du vélo.
Marie-Pierre Vedrenne, ministre déléguée en charge de la citoyenneté auprès du ministère de l’Intérieur, souhaite généraliser le port du casque à tous les vélos et toutes les trottinettes sur l’ensemble du territoire. Elle a déjà demandé à la Sécurité routière de réfléchir à la question. Cette mesure vise à protéger les cyclistes français et utilisateurs de trottinettes, alors que 235 d’entre eux ont perdu la vie en 2025 sur les routes françaises.
Marie-Pierre Vedrenne soucieuse d’harmoniser la réglementation en France
Aujourd’hui, le casque est uniquement obligatoire pour les moins de 12 ans à vélo, et simplement recommandé aux adultes. Pour les trottinettes électriques et Engin de Déplacement Personnel Motorisé (EDPM – skateboard électrique, draisienne électrique, gyropode, monoroue, hoverboard, etc.), il est exigé pour tous les utilisateurs hors agglomération.
Marie-Pierre Vedrenne veut généraliser son usage. La ministre déléguée désire harmoniser la législation d’autant qu’un patchwork réglementaire s’est installé en France. En effet, plusieurs collectivités et départements ont imposé le casque sur leur territoire. C’est notamment le cas des Hauts-de-Seine, du Nord, du Vaucluse, de la Seine-et-Marne, des Alpes-Maritimes et de l’Indre.
8 Français sur 10 favorables à la généralisation du port du casque
Si la généralisation du port du casque est largement soutenue par l’opinion publique (près de 8 français sur 10 l’approuvent selon un récent sondage), plusieurs études internationales suggèrent qu’elle pourrait réduire la pratique du vélo, notamment pour les déplacements du quotidien et les services de vélos en libre-service. En cause : l’obligation de devoir transporter à chaque fois un objet qui n’est pas le plus léger du monde.
En Australie, premier pays à avoir adopté cette mesure dans les années 1990, divers travaux (Chris Rissel – Université de Sydney et Dorothy Robinson) ont constaté une baisse de la fréquentation cycliste après son entrée en vigueur, notamment chez les adolescents et les usagers occasionnels. Ce qui n’est pas idéal pour la santé des citoyens et l’environnement.
La priorité serait le développement d’infrastructures cyclables sécurisées
Le port du casque augmenterait même la mortalité sur les routes. En effet, il serait associé à des pratiques à risque et engendrerait un sentiment de sécurité accidentogène. Aussi, il nuirait à un principe vital : plus il y a de cyclistes sur les routes, plus les automobilistes s’habituent à leur présence et adaptent leur comportement.
Par ailleurs, des opposants notent que le casque ne sauve pas la vie lors d’une collision avec une voiture, en particulier un véhicule de plus d’une tonne avec une énergie cinétique élevée. Pour eux, la priorité reste le développement d’infrastructures cyclables sécurisées. C’est le choix fait par les Pays-Bas et le Danemark, où le casque reste recommandé mais non obligatoire.
La généralisation du port du casque ne se fera pas de manière unilatérale
Mais Marie-Pierre Vedrenne répond que « les équipements obligatoires sont déterminés au regard de l’exposition aux risques », du différentiel de vitesse, de la présence de poids lourds et de l’état de la chaussée. La ministre déléguée à la citoyenneté précise toutefois que la réglementation (le port du casque obligatoire) sera établie « par décret, pris après avis du Conseil d’Etat » et à « l’initiative du ministre de l’Intérieur », en associant « le ministre des transports et de la justice » ainsi que les différents acteurs du secteur.
