La production de betteraves sucrières dans l’Union européenne devrait reculer de près de 20% pour la nouvelle campagne 2026-2027, selon les premières estimations de l’Observatoire du sucre de la Commission européenne publiées le 27 août 2026. Ce rendement, le plus faible depuis 38 ans, est dû à la chaleur extrême, à la sécheresse et aux maladies. Il devrait resserrer l’offre de sucre et faire remonter les prix après une longue période de baisse.
Le sucre va-t-il bientôt coûter plus cher ? Selon les premières projections communiquées par l’Observatoire du sucre de la Commission européenne le 27 août 2026, la production sucrière européenne pourrait diminuer de 19 % pour la nouvelle campagne 2026-2027. Cette contraction serait la plus importante depuis 38 (depuis la campagne 1988-1989). Elle s’expliquerait principalement par le recul des superficies cultivées en betteraves sucrières ainsi que la sécheresse.
Les producteurs ont engagé une baisse des surfaces
D’abord la diminution des surfaces consacrées à la betterave. L’Observatoire du sucre de la Commission européenne constate que les agriculteurs européens ont déjà réduit leurs superficies en réponse aux conditions du marché. Elle avait déjà indiqué en avril que les producteurs avaient engagé une baisse des surfaces de betteraves afin de s’adapter au contexte économique. Ce choix pourrait limiter les volumes disponibles au cours de la prochaine campagne et accroître la dépendance de certains marchés européens aux importations.
Les betteraves vulnérables aux températures élevées et au déficit hydrique
Il y a ensuite la météo et le climat. Les fortes chaleurs estivales et le manque d’eau ont affecté plusieurs cultures de printemps et d’été en Europe, notamment la betterave. Celle-ci est particulièrement vulnérable aux températures élevées et au déficit hydrique. Les régions déjà exposées à la sécheresse ont enregistré des pertes de poids racinaire proches de 20 % par rapport à la moyenne quinquennale. Les pertes vont jusqu’à 60 % dans certains foyers localisés.
Les betteraves face aux risques sanitaires
Un troisième facteur de risque majeur est l’impact sanitaire lié aux charançons, à la teigne et aux moisissures ou pourritures (rhizopus). Cette pression sanitaire aggrave les pertes constatées dans les principaux bassins betteraviers, au point d’hypothéquer l’arrachage dans les situations les plus extrêmes. « Le potentiel de production est parfois si faible que la récolte de certaines parcelles pourrait ne pas être économiquement envisageable. », alerte de son côté l’Association interprofessionnelle de la betterave et du Sucre (AIBS), qui fédère l’ensemble des acteurs de la filière betterave-sucre. Face aux conséquences subies par certaines exploitations agricoles, l’organisation craint que ce soit « la culture de la betterave elle-même qui est en jeu sur nos territoires ».
Déjà une remontée des prix de vente à partir de leurs récents plus bas
Dans ce contexte, Tereos a choisi de raccourcir et de retarder les campagnes d’usine en France. Le premier producteur français de sucre note que la diminution de l’offre de betteraves, la baisse de la production d’usine et le recul des stocks font déjà remonter les prix de vente à partir de leurs récents plus bas. Il s’attend à une nouvelle hausse dans la situation actuelle. Ce qui améliorera les perspectives de marge pour le secteur. Du côté de la demande, la consommation dans l’UE reste globalement stable, avec seulement une légère érosion liée aux reformulations et aux politiques de santé publique, selon Tereos.
