Confinement : un « dispositif exceptionnel » sur les routes contre les départs en vacances

Des personnes sur une plage en Espagne.

 

Cette semaine, un « dispositif exceptionnel » a été mis en place pour empêcher les départs en vacances et faire respecter le confinement en France. Au moins 160 000 policiers et gendarmes seraient mobilisés pour sévir contre les vacanciers de Pâques. Les autorités auraient également déployé des drones comme des milliers de personnes s’apprêtent à bafouer les règles du confinement.

Depuis vendredi 3 avril 2020, début des vacances scolaires pour la zone C qui regroupe les académies d’Ile-de-France et d’Occitanie, le gouvernement a mobilisé plus de 160 000 policiers et gendarmes pour faire appliquer les mesures de confinement. C’est un dispositif de contrôle exceptionnel, expliquait vendredi le secrétaire d’État à l’Intérieur Laurent Nuñez sur RTL. Les contrôles s’effectuent ce weekend aux péages, sur les aires de repos, dans les gares, sur les autoroutes, sur les routes et sur les lieux de vacances, a indiqué le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner. Ainsi, les forces de l’ordre auraient réalisé plus de 400 000 vérifications et des drones seraient déployés. Le gouvernement s’attend à ce que des milliers de personnes bafouent les règles du confinement.

« Le virus n’est pas en vacances »

En France, le pic de l’épidémie n’a pas encore été atteint que les gens souhaitent filer en vacances. Or, le Premier ministre, Édouard Philippe a prévenu : « Le virus n’est pas en vacances ». Malgré l’avertissement, on a pu voir un certain nombre de véhicules sur les routes – notamment depuis Paris – ce vendredi 3 avril. Et des images de Français qui veulent échapper à la quarantaine et rejoindre la mer, leur maison de campagne, ou celle de leurs proches parce qu’ils ne supportent pas l’enfermement.

Parmi les départements touristiques les plus prisés, figurent la Charente-Maritime, où se trouvent les îles de Ré et d’Oléron, Royan ou La Rochelle. Là-bas, les autorités ont demandé instamment aux plateformes de location d’hébergement touristique de prendre toutes les dispositions nécessaires pour qu’aucune location saisonnière ne répondant pas à un motif professionnel impératif et dûment justifié n’ait lieu jusqu’à la fin du confinement.

Plus de 6000 morts en France

Avec l’afflux massif de population, l’on craint en effet la contagion et de fortes tensions sur les établissements de santé déjà mobilisés, en particulier sur les services de réanimation. La France enregistre ce weekend 6 500 décès du coronavirus à l’hôpital. Aussi, plus de 6 600 personnes se trouvaient en réanimation.

Coronavirus : la Foire du Trône finalement annulée

Vue aérienne des installations de la Foire du Trône.

 

La Foire du Trône, qui aurait dû se tenir du 27 mars au 24 mai 2020, sur la Pelouse de Reuilly, a été finalement annulée mercredi 1er avril par la mairie de Paris et la préfecture de police. Les quelque 150 forains présents à cette 1062e édition comptaient sur un report de l’ouverture du 4 ou 8 mai jusqu’au 14 juin.

Les espoirs des forains douchés

Compte tenu de la très forte incertitude sur le calendrier de sortie du confinement et des mesures de restriction de grands rassemblements, la Maire de Paris et le Préfet de Police ont convenu conjointement d’annuler l’édition 2020 de la Foire du Trône. Pourtant, les quelque 150 forains présents sur la pelouse de Reuilly, depuis plusieurs semaines déjà, comptaient sur un report de l’ouverture. L’intersyndicale des forains avait proposé mardi, dans un courrier adressé à la maire de Paris Anne Hidalgo et au préfet Didier Lallement, l’ouverture « le 4 mai, jour évoqué par le ministre Blanquer pour une reprise de l’école, ou le 8 mai jusqu’au 14 juin. ».

De grosses pertes annoncées

Pour Carinne Mahieu, la présidente du comité de la foire, l’annulation est prématurée. « On aurait pu attendre encore un peu pour donner une réponse définitive, nous laisser un peu d’espoir. », a-t-elle commenté. Ceci, parce qu’« On a engagé des frais et on n’a aucune rentrée, c’est pas rigolo, on est au pain sec », conclut-elle. Marcel Campion, le patron des forains également candidat aux municipales à Paris, estime lui que l’annulation est « brutale et incorrecte. Il aurait dû y avoir une concertation ». Il dénonce « une manœuvre de la Ville qui veut faire disparaître les forains de Paris », même s’il reconnait la gravité de la situation sanitaire.

Marcel Campion souhaitait le report de la Foire du Trône pour « sauver au moins une partie de l’économie du monde forain ». Il rappelle, à juste titre, qu’« A elle seule, [la foire] représente un bon tiers du chiffre d’affaires annuel des forains concernés ».

Les familles de forains autorisées à rester sur place

Conscient des pertes financières, la Ville de Paris se dit prête à « accompagner les forains » en les aidant notamment à bénéficier des dispositifs de soutien aux acteurs économiques mis en place par l’Etat. Par ailleurs, les familles de forains déjà sur les lieux, qui avaient commencé à monter les 350 attractions de la foire, et en particulier des 80 manèges à sensation, peuvent rester sur place jusqu’au 14 juin, la date initialement prévue pour leur départ.

La Foire du Trône est la plus grande fête foraine de France, mais aussi la plus ancienne puisque ses origines remontent à 957. Installée sur 25 hectares en bordure de Paris depuis 1965, elle accueille chaque année trois millions de personnes pendant deux mois. Quand il fait beau, il peut y avoir jusqu’à 180 000 visiteurs en un seul week-end. Le public peut y découvrir des jongleurs, bateleurs et des attractions telles que les autotamponneuses et les montagnes russes.

Internet : Disney+ mis sous pression pour reporter son lancement en France

Une scène du livre de la jungle.

 

Le gouvernement français a demandé à Disney+ « d’ajuster son offre sur le marché » pour éviter la surcharge des réseaux européens, en cette période de confinement dû au coronavirus. Mais le géant américain du divertissement n’a pas encore officiellement prévu de reporter le lancement de son service de SVoD en France.

Les Internautes veulent passer du bon temps en confinement

Disney+ fait-il de la résistance ? Alors que le gouvernement français lui demande « d’ajuster son offre sur le marché » pour éviter la mise sous tension d’Internet, le géant américain n’a toujours pas annoncé le report de son lancement en Hexagone. Pis, il campe sur ses positions et regrette même ne pas pouvoir avancer le lancement prévu le 24 mars 2020. « Nous avons reçu des messages sur les réseaux sociaux, qui nous demandaient d’avancer la date de lancement. Malheureusement, ce n’était pas possible », a confié au Monde, Kevin Mayer, président de Disney, chargé de l’international et de la stratégie consommateurs.

En effet, Disney+ ne fait que répondre à la demande des internautes français. Ces derniers, en cette période de confinement, ont une soif inextinguible de loisirs et de divertissement sur Internet. Ils veulent notamment avoir accès au catalogue Disney, composé notamment des classiques d’animation, des films de la saga Star Wars, de l’univers cinématique Marvel, des films d’animation Pixar et de nouveaux contenus comme la série Star Wars, The Mandolarian. Mais un report du lancement en France arrangerait-il Disney+ ?

Disney+ pourrait perdre gros avec un report en Europe 

Dans un article publié ce lundi sur The Hollywood Reporter, un expert de la bourse estimait que Disney+ avait déjà perdu « environ 85 milliards de dollars, soit à peu près un tiers de sa capitalisation boursière » en raison de la crise sanitaire. Ce qui oblige le groupe à respecter son calendrier de lancement, pour ne pas perdre davantage avec ce report simultané en France, au Royaume-Uni, en Irlande du Nord, en Allemagne, en Espagne, en Italie, en Suisse et en Autriche.

Netflix a déjà fait un effort

Disney+ n’est pas le seul à recevoir des « injections » de la part du gouvernement français. Dans ce contexte d’engorgement, dû notamment au telétravail,  le concurrent Netflix a également eu un entretien avec Thierry Breton chargé du numérique à la commission européenne. A l’issu des échanges, le géant du streaming a annoncé brider son bitrate pour un mois. En effet, Netflix, qui mobilise en temps normal 25 % de la bande-passante des opérateurs télécoms, selon l’Arcep, a décidé de réduire la qualité de ses vidéos pendant trente jours pour désengorger les réseaux télécoms.

Coronavirus : la filière agroalimentaire se mobilise pour faire face à la crise

Un rayon de produits alimentaires dans un supermarché.

 

Depuis quelques jours, les Français font le plein de provisions, en raison de la propagation du coronavirus. Cette ruée vers les denrées fait craindre une pénurie alimentaire en France. C’est dans ce contexte que le ministre de l’Agriculture et le secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances ont réuni les acteurs de l’industrie agroalimentaire et de la distribution. Objectif : faire un point de situation sur la production de produits alimentaires et l’approvisionnement des magasins.

A cause de l’évolution du coronavirus, les Français se ruent vers les magasins et supermarchés pour constituer des provisions au cas où la crise sanitaire s’accentuait. Cette situation fait craindre une pénurie alimentaire d’envergure. Bien qu’il estime que cela n’arrivera certainement pas en France, Bercy a réuni mardi les producteurs, industriels et distributeurs pour faire un point sur la production de produits alimentaires et l’approvisionnement des magasins.

Les acteurs de l’agroalimentaire « travaillent à des plans de continuation de fabrication et d’approvisionnement »

Après la rencontre, le ministère de l’Économie et des Finances a assuré que les acteurs de l’industrie agroalimentaire « sont en ordre de marche pour faire face à l’augmentation des achats constatée ces deux dernières semaines ». Ils se « préparent à une augmentation durable des achats de denrées alimentaires » et « travaillent à des plans de continuation de fabrication et d’approvisionnement ».

Les producteurs, industriels et distributeurs rassurent également qu’il n’y aura pas de pénurie en France pour la simple et bonne raison que les rayons vides ne mettent pas plus de deux jours à se remplir. Ce qui signifie que les stocks sont conséquents et que la chaîne d’approvisionnement est assez solide. Toutefois, ils demandent un coup de pouce du gouvernement pour faire face aux éventuelles conséquences du coronavirus sur leurs activités.

Des engagements pris par les ministères

Comme pour les autres secteurs, les producteurs, industriels et distributeurs ont réclamé et obtenu l’étalement des charges fiscales ou sociales et la prise en charge du chômage partiel notamment. Ils attendent en outre, de l’Union européenne, des mesures pour garantir « la bonne fluidité des transports routiers ». De son côté, le ministre de l’Agriculture s’est engagé à « sécuriser la totalité de la chaîne alimentaire », en collaboration avec les préfets, en particulier sur l’ouverture des entrepôts et des magasins.

Allemagne : le marché automobile freiné par le coronavirus et les nouvelles normes

Une Volkswagen Bora.

 

Après des ventes record l’an dernier, le marché automobile allemand a accusé un recul de 11% des immatriculations de voitures neuves en février, a annoncé la fédération du secteur, VDA. Cette baisse est le résultat des nouvelles normes environnementales et de l’épidémie de coronavirus.

Presque toutes les marques dans le rouge

Le marché automobile allemand traverse une mauvaise période. Sous l’effet conjugué des nouvelles normes environnementales et de l’épidémie de coronavirus, il a reculé de 11% sur un an. En effet, 239 943 voitures ont été immatriculées le mois dernier, soit environ un dixième de moins que le même mois l’année dernière et 6.400 de moins qu’en janvier, qui était lui en recul de 7% sur un an. La fédération de l’automobile VDA indique aussi que les commandes de véhicules neufs en Allemagne ont elles reculé de 19% sur un an.

La baisse a été particulièrement forte le mois dernier chez Smart (-81,2%), Opel (- 20,6%), Audi ( -20,3%), Ford (-18,5%), Mini (-15,4%) et Volkswagen (-11,1%). Honda, Tesla, Dacia, Mazda et Suzuki ont enregistré des baisses de plus de 30%. L’augmentation la plus importante est pour la marque Lexus, qui a enregistrée +71,2% de nouvelles immatriculations. Il y a également eu des hausses à deux chiffres chez Volvo, Seat, Nissan, Fiat et DS.

Boom des voitures électriques et hybrides

Plus de la moitié des voitures immatriculées (52,1%) étaient à essence et près d’un tiers avaient un moteur diesel. Des augmentations d’approbation ont été observées dans les autres types de variateurs. Aussi, en février, 8154 voitures électriques ont été nouvellement immatriculées, soit une augmentation de 75,8%. Chez les hybrides, les enregistrements ont presque doublé avec 30 000 nouvelles inscriptions. Le boom des ventes de voitures tout ou en partie électriques coïncide avec l’entrée en vigueur depuis janvier d’une norme européenne imposant aux constructeurs de respecter un plafond de 95 grammes par kilomètre en moyenne sur l’ensemble de leur gamme, sous peine de fortes amendes. Les ventes de voitures électriques pourraient encore s’amplifier sur le second semestre de l’année, grâce à la commercialisation de nouveaux modèles à l’image de Volkswagen avec les débuts de sa gamme ID.

Le nombre de véhicules tout terrain de sport (VUS) nouvellement immatriculés a, en revanche, chuté de plus de 10% pour atteindre environ 49 400 unités. Néanmoins, une voiture sur cinq nouvellement enregistrée était toujours un SUV.

La dégringolade pourrait continuer

Selon Peter Fuß, analyste chez EY, il est très probable que nous assistions encore à une baisse à deux chiffres de pourcentage des nouvelles immatriculations au cours des prochains mois ». La situation pourrait néanmoins « se normaliser à nouveau au second semestre en cas de recul rapide de l’épidémie », ajoute-t-il. Le lobby automobile VDA a prévu en 2020 une baisse de 4% des ventes en Allemagne.

Hermès : une première collection de rouges à lèvres dès mars

Cinq rouges à lèvres de couleurs différentes.

 

La prestigieuse griffe de sellerie et de maroquinerie Hermès va lancer, le 4 mars 2020, sa nouvelle gamme de rouge à lèvres, qui se décline en 24 teintes, logées dans un écrin rechargeable. Ce lancement ouvre le seizième métier de la marque, dédié à la beauté.

Avec Hermès, les couleurs voyagent

Les maisons de luxe sont de plus en plus nombreuses à s’installer sur le marché de la beauté. Hermès, la prestigieuse griffe de sellerie et de maroquinerie française, n’échappe pas à la tendance. Pour compléter ses collections de prêt-à-porter, de bijoux tendance et d’accessoires, la maison de luxe dévoilera, ce 4 mars 2020, sa nouvelle gamme de rouge à lèvres : Rouge Hermès.

Cette ligne de rouges à lèvres se compose de 24 teintes de lipsticks logées dans un écrin rechargeable. Le chiffre 24 fait référence au 24 Faubourg Saint-Honoré, l’adresse de son principal magasin parisien et de son siège, et au 24 Faubourg, nom d’un de ses parfums. Chez Hermès, on explique que « les couleurs voyagent. Elles se réinventent d’une matière à l’autre ».

Tous les talents de la maison mis à contribution

Les 24 couleurs sont inspirées des métiers de la soie et du cuir, autres métiers où la Maison excelle. Pour cette nouvelle création, Hermès a mis à contribution tous les talents de la maison. De Pierre Hardy, directeur de création de la chaussure, bijouterie et joaillerie Hermès  à Bali Barret, directrice artistique de l’univers féminin Hermès en passant par Christine Nagel, directrice de la création olfactive d’Hermès.

Avec Rouge Hermès, la célèbre maison orange inaugure son seizième métier : la Beauté. « La Beauté Hermès s’inscrit dans ce que nous sommes : une maison où tout procède de la création, animée par des artisans soucieux d’accompagner avec élégance les femmes et les hommes de notre temps, avec l’intégrité et l’authenticité qui sont les nôtres. Elle concentre ce goût de la surprise, de l’émerveillement, qui passe par l’objet, le dessin, le désir d’être utile en faisant rêver », a déclaré Axel Dumas, président d’Hermès, dans un communiqué.

D’autres produits vont accompagner la Beauté Hermès

Pour commencer, Hermès va vendre ses tubes « Made in France » rechargeables à 62 euros pièce et 38 euros la recharge dans 180 points de vente à travers le monde, dont 90 boutiques Hermès et 90 magasins multimarques, tels Harrod’s, les Galeries Lafayette, le Printemps et des boutiques d’aéroports.

La marque fondée en 1837 va accompagner ses rouges à lèvres d’objets de beauté comme le baume de soin pour les lèvres, le brillant à lèvres Poppy, le crayon à lèvres universel ou encore le pinceau à lèvres en bois laqué. Tout au long de l’année d’autres produits compléteront la Beauté Hermès.

Vers la fin des abus dans la rénovation énergétique ?

Démarchage intempestif, promesses d’économies d’énergie non tenues, performances de certains isolants surévaluées… : le secteur de la rénovation énergétique des bâtiments est en proie à d’innombrables dérives et abus. Alors que les autorités prévoient de durcir les règles en matière de démarchage, un récent arrêt de la Cour de cassation épingle l’efficacité de la laine de verre, dont les fabricants auraient dissimulé les performances réelles auprès des artisans-poseurs et de leurs clients.

Bientôt la fin du cauchemar pour des milliers de Français ? Le gouvernement, par la voix de sa secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie, Agnès Pannier-Runacher, a annoncé fin janvier son intention d’interdire le démarchage téléphonique en matière de rénovation énergétique. « L’objectif est de protéger les consommateurs et les entreprises du secteur », a détaillé la ministre lors d’une conférence de presse, rappelant qu’entre les seuls mois d’août 2018 et août 2019, quelque 1 770 plaintes ont été déposées par des consommateurs auprès de la répression des fraudes (DGCCRF) – un chiffre en hausse de 20 % par rapport à l’année précédente.

Alors qu’un projet de loi prévoit de durcir les sanctions à l’encontre des sociétés coupables de mauvaises pratiques commerciales, les amendes administratives devant passer de 75 000 à 375 000 euros, et qu’un prochain décret doit encadrer les jours et horaires de démarchage téléphonique, toutes professions confondues, Mme Pannier-Runacher s’est également prononcée en faveur de la généralisation du « Name and Shame », cette stratégie visant à rendre public le nom des entreprises du secteur contrevenant à la réglementation. Il y a, en effet, fort à faire, tant les abus et dérives se multiplient dans le domaine de la rénovation énergétique des bâtiments.

Des dérives en cascade

Et cela ne date pas d’hier. En 2018 déjà, l’association de protection des consommateurs UFC-Que Choisir dévoilait les « manœuvres nocives de certains professionnels (de la rénovation énergétique), qui ciblent notamment les consommateurs les plus vulnérables », comme les personnes âgées ou handicapées. Selon l’association, le montant des préjudices subis aurait dépassé les 17 millions d’euros entre 2007 et 2017. Quant aux comportements frauduleux, ils peuvent emprunter diverses voies : démarchage abusif, ventes agressives ou trompeuses — le démarcheur se faisant souvent passer pour un représentant de l’Etat ou un salarié d’un grand groupe énergétique, comme EDF —, dissimulation des conditions de rétractation, manque ou manipulation d’information à propos des aides financières publiques, etc.

Dans un reportage diffusé le 6 février dernier et intitulé : « Isolation : cauchemar à 1 € », les journalistes d’Envoyé Spécial mettent ainsi en lumière un certain nombre d’arnaques sévissant dans le cadre du dispositif gouvernemental de « l’isolation à 1€ » destiné à pousser les particuliers à isoler leurs combles. Certaines sociétés ont ainsi trouvé le moyen de réaliser des « travaux » à moindres frais – qui ne respectent bien souvent aucune norme et ne sont parfois même pas terminés – le tout en empochant les deniers de l’État.

Ces pratiques abusives à grande échelle ne se limitent pas au seul aspect commercial de ces activités. Elles concernent également la nature même des travaux engagés, des « prestations de rénovation énergétique dont la pertinence est (parfois) sujette à caution », alerte l’UFC-Que Choisir. Attention, donc, aux allégations portant sur les fameuses économies d’énergie promises par les prestataires, des pourcentages souvent fantaisistes, qui n’engagent que ceux qui veulent bien y croire… Une problématique particulièrement récurrente en matière d’isolation des bâtiments, comme en témoigne l’affaire de l’« Isolgate » dévoilée par la Cour de cassation.

“Isolgate”, nouveau “Dieselgate” ?

Dans un arrêt daté du 20 novembre 2019, la Cour déboute en effet le FILMM de sa plainte contre la société Actis, qu’il accusait de « publicité mensongère », ses magistrats établissant par la même occasion que les fabricants de laine de verre ont sciemment dissimulé les performances énergétiques réelles de leur produit. Une laine de verre qui représenterait près de 90 % du marché de l’isolation des murs et combles et continue de bénéficier de plus de la moitié des 17 milliards d’euros alloués annuellement par l’État en faveur de la rénovation énergétique des bâtiments.

L’absence de « pare-vapeur », indispensable à la bonne étanchéité de la laine de verre, cause des déperditions énergétiques pouvant atteindre 75 % des performances promises sur le papier. Une information technique qui n’a pas été partagée par les fabricants. Mettant par là même en porte à faux les entreprises et artisans ayant recours à ce produit sans en connaître les modalités optimales de pose. Jean-Yves Le Déaut, ancien député et ex-vice-président de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST), n’hésite pas à comparer ce dossier à celui du « Dieselgate » ayant éclaboussé le constructeur automobile allemand Volkswagen.

Appelant dès 2014 à un « choc salutaire », l’ancien élu estime aujourd’hui que « si (des) aides sont accordées à des produits dont les performances sont en réalité en deçà de celles affichées dans les conditions de pose actuelles, c’est très grave ». « Il faut que la Cour des comptes se saisisse du dossier », juge encore M. Le Déaut, selon qui « l’OPECST devrait en outre exercer son droit de suite » et « une mission d’information parlementaire (…) pourrait être mise en place ». « Enfin, conclut-il, le gouvernement doit prendre sans tarder un arrêté ministériel pour imposer les conditions de pose des laines minérales. Il est encore temps de mener ce travail, notamment dans le cadre de la RE (réglementation environnementale) 2020 qui doit rentrer en application au 1er janvier 2021 ».

Paris : la location Airbnb devient problématique

Photographie aérienne de l'Arc de Triomphe de l'Etoile, Paris, France.

 

La location de meublés touristiques sur des sites comme Airbnb ou Booking a pris de l’ampleur ces dernières années à Paris. A telle enseigne que le phénomène devient un enjeu des prochaines municipales.

Très rentables pour les propriétaires, les offres de location de meublés touristiques sur des sites comme Airbnb ou Booking se sont multipliées ces dernières années à Paris. La capitale française compte plus de 65.000 annonces de meublées touristiques sur Airbnb et autour de 80.000 sur l’ensemble des plateformes, selon François Plottin, à la tête des 30 agents municipaux chargés du contrôle.

« Entre 20.000 et 30.000 logements transformés en hôtels clandestins »

Comme ces logements sont soustraits au parc classique de la location longue durée, Airbnb participe à la hausse des loyers à Paris et à l’installation de plus en plus systématique des classes moyennes et populaires hors de la ville. L’explosion des offres sur la plateforme détruit aussi des emplois dans l’immobilier locatif, dans l’hôtellerie, dans la restauration et dans les commerces de proximité.

Depuis 2014, seules les résidences principales peuvent être louées sur les plateformes, et ce dans la limite de 120 nuitées par an, sauf exemptions. Pourtant, l’an dernier, « entre 20.000 et 30.000 logements [avaient] été transformés en hôtels clandestins. Ces logements qui, auparavant, accueillaient des Parisiens à l’année n’accueillent plus que des touristes, car la location touristique est bien plus lucrative pour les propriétaires. », souligne l’adjoint au logement Ian Brossat.

Airbnb répond que seuls quelque 4.100 logements entiers ont été loués plus de 120 jours en 2019, et seulement 1.040 toute l’année.

Une demande extrêmement forte des locations Airbnb

La loi oblige aussi les propriétaires à s’enregistrer auprès de la ville, mais d’après les dernières données communiquées par Airbnb à la mairie, seulement 45% des mises en location touristiques ont un numéro d’enregistrement. « Ces agréments sont compliqués à obtenir, tout est fait pour que ce ne soit pas possible », regrette Nicolas Tsaros, propriétaire de cinq appartements dans le XVe, près de la tour Eiffel, mis en location sur Airbnb sans autorisation. Il dénonce une volonté de la mairie de les « bouter hors du marché » du tourisme, « alors qu’il y a une demande extrêmement forte ».

Les Parisiens, eux, souhaitent clairement en finir avec les meublés touristiques d’Airbnb. Certains quartiers comme le cœur de Paris ou la butte Montmartre enregistrent un grand nombre de plaintes de copropriétaires ou riverains pour des va-et-vient incessants, des parties communes dégradées ou des nuisances sonores.

Une pétition pour interdire Airbnb à Paris

Jeudi 20 février, l’association We Sign It a même lancé une campagne d’interpellation publique des candidats aux municipales afin de demander l’interdiction de Airbnb à Paris. La pétition a déjà réuni plus de 12.000 signatures. D’après l’association, en moyenne plus de 4 % du parc parisien est proposé à la location sur Airbnb, contre seulement 1,2 % à Londres et 0,6 % à New York. Ce qui est inacceptable. Elle demande donc des mesures radicales. A l’image de la municipalité de Madrid (Espagne) qui a adopté des règles pour empêcher la location de plus de 10.000 appartements loués par Airbnb plus de 90 jours par an.

Plusieurs candidats à la mairie de Paris pensent avoir déjà trouvé des solutions. Ils proposent notamment de limiter le nombre de nuitées, de renforcer les contrôles ou de développer des autorisations pour louer.

L’industrie du luxe touchée par le Coronavirus

Coronavirus Chine Luxe LVMH économie

Ce n’est un secret pour personne, le coronavirus impactera durablement l’économie mondiale. L’industrie du luxe, qui semble pourtant distante de ce problème sanitaire, serait pourtant l’un des secteurs les plus touchés. En effet, la Chine représente le premier exportateur de touristes au monde. Avec 150 millions de voyages à l’étranger en 2018, l’année 2020 s’annonce compliquée pour le secteur touristique si la mise en quarantaine de la Chine s’installe dans la durée. 

Le secteur du luxe intimement lié à la Chine

Avec leur forte présence à l’étranger pour effectuer des voyages touristiques, les Chinois sont considérés comme les premiers consommateurs de produits de luxe au monde. Or, le confinement des populations mis en place par le gouvernement chinois risque de peser sur le secteur. Aujourd’hui, les consommateurs originaires de Chine comptent pour 35 % de la valeur des achats de luxe au niveau mondial. Les estimations pour les années à venir tendent même à montrer qu’en 2025, ce taux atteindra les 45 %. Bain & Co, le cabinet de conseil international à l’origine de l’étude, va même plus loin dans ses prédictions, estimant que “la moitié de ces achats seront réalisés en Chine continentale“.

Au cours des dernières années, les marques de luxe ont bien compris l’importance du marché chinois et asiatique. En effet, l’Asie, hors Japon, représentait 30 % des ventes de LVMH, 36 % des ventes d’Hermès et jusqu’à 38 % des ventes de la société Richemont.

Et lorsque le peuple chinois n’achète pas les produits sur son territoire, les touristes se chargent d’effectuer leurs achats à l’étranger. D’après les chiffres de l’Organisation Mondiale du Tourisme (OMT), les touristes chinois auraient dépensé l’équivalent de 277 milliards de dollars, soit bien plus que tous les autres touristes du monde…

Pour l’instant, les grands groupes du luxe ne se sont pas encore exprimés sur les conséquences que pourrait avoir le coronavirus sur leurs résultats. Mais nul doute que les conséquences se feront ressentir et que ce début d’année 2020 commence mal pour toutes ces entreprises…

Venise : submergée par les touristes, la ville se vide de ses habitants

Un canal de Venise avec des gondoles.

 

Il y a cinquante ans, 175 000 personnes vivaient à Venise. Aujourd’hui, il en reste trois fois moins. Cet exode massif se fait au profit des touristes, de plus en plus nombreux dans la petite ville italienne. Face à cette tendance inquiétante, les initiatives se multiplient pour retenir les habitants. Mais le mouvement semble inexorable.

En 50 ans, Venise a perdu plus des deux tiers de ses habitants. La faute au tourisme de masse qui s’est emparé de la cité des Doges. Les 55 000 résidents actuels doivent en effet faire face à un important afflux de touristes. L’on note des pics qui dépassent 100 000 présences quotidiennes à certains moments de l’année comme les vacances de Noël, le carnaval ou la haute saison estivale.

Les logements deviennent des hébergements pour touristes

« On se sent un peu comme les derniers Indiens, nous les Vénitiens. Car la tendance s’est complètement inversée. Nous sommes 50 000 et les personnes qui nous visitent 30 millions. C’est donc comme si nous vivions dans une réserve. », confie Antonio Zago, dont la famille fait partie des rares restées sur place, malgré les difficultés.

Contrairement à la plus part des habitants de Venise, ce directeur de chantier naval refuse encore de transformer son appartement en un hôtel ou des bureaux de prestige. Mais combien de temps encore résistera-t-il à la vague du tourisme ?

La plupart des logements sont devenus des hébergements pour touristes. Et il en va de même pour les commerces de bouche supplantés les uns après les autres par les boutiques de souvenirs. Pour les vrais Vénitiens, il ne reste que trois épiceries et une unique poissonnerie. Les inondations de novembre et décembre 2019, qui ont fait des dégâts considérables, en rajoutent une couche. Beaucoup d’habitants ont été sinistrés, alors que la situation semblait déjà intenable financièrement.

« Moins de services donc moins d’habitants »

Comme la ville se vide de ses habitants, elle fonctionne désormais au ralenti car les activités économiques se raréfient. « C’est comme un chat qui se mord la queue, explique Matteo Secchi, qui préside une association de riverains. Qui dit moins d’habitants dit moins de services, et en même temps moins de services donc moins d’habitants. C’est un cercle vicieux. »

Un cercle vicieux alimenté par la flambée des loyers et des baux commerciaux, mais aussi par le manque d’emplois autres que ceux liés au tourisme. Les jeunes doivent donc partir vers des horizons plus prometteurs.

Pour stopper ce dépeuplement, les habitants de Venise souhaitent la mise en place de quotas et la limitation du nombre de touristes. Mais la municipalité hésite encore à s’approprier ces solutions, craignant l’effet inverse.

Peut-on alors penser que Venise est condamnée à devenir un simple parc à thème ?

Articles les + lus