vendredi, janvier 9, 2026
AccueilActusOpérations américaines au Venezuela : quel impact sur les prix du pétrole...

Opérations américaines au Venezuela : quel impact sur les prix du pétrole et du carburant ?

Après plusieurs semaines d’intimidation, les États-Unis ont finalement capturé le président du Venezuela Nicolas Maduro dans la nuit du samedi 3 janvier. Cette opération, dont le but réel est le contrôle des réserves de pétrole, pourrait avoir des conséquences sur les marchés. On craint principalement une hausse rapide des prix à la pompe, en raison de l’incertitude politique. Les prochaines actions de Donald Trump seront décisives.

On le savait dès le départ, que c’était pour le pétrole. Depuis septembre, les États-Unis imposent un blocus maritime au Venezuela sous le prétexte de lutter contre le narcotrafic, que le pouvoir vénézuélien entretiendrait. Dans la nuit du samedi 3 janvier, les forces spéciales américaines ont fini par capturer le président Nicolas Maduro et le ramener aux États-Unis pour y être jugé pour narco-terrorisme. Aussitôt le dictateur vénézuélien arrivé à New-York, Donald Trump a annoncé dimanche qu’il ouvrira le secteur pétrolier vénézuélien aux compagnies US. Celles-ci avaient quitté le Venezuela en 2008, après que Hugo Chavez a imposé une nationalisation des entreprises étrangères. Seule Chevron a accepté une prise de participation majoritaire (60%) de la société nationale PDVSA.

Les cours des majors américains ont grimpé après l’opération au Venezuela 

Donald Trump a déjà annoncé que le Venezuela va « transférer » jusqu’à 50 millions de barils de pétrole aux États-Unis, dans un premier temps. Il a également déclaré que Washington s’occupera de gérer les revenus générés par l’exploitation du pétrole vénézuélien et que ces recettes serviront à payer uniquement des produits américains. Dénoncées par les Nations Unies et la plupart des pays, les manœuvres américaines ont eu un effet immédiat sur les marchés.

Les compagnies pétrolières américaines ont vu le cours de leurs actions grimper en bourse à la suite de ces événements. Ce qui reflète l’enthousiasme des investisseurs pour les opportunités potentielles que pourrait offrir la nouvelle situation au Venezuela. Un ex dirigeant de Chevron a même déjà levé 2 milliards de dollars (1,71 milliard d’euros) pour relancer l’industrie fossile dans le pays. après que Donald Trump a appelé les fonds à y investir massivement.

Les plus grandes réserves au monde, mais une production négligeable 

La prise de contrôle potentielle du Venezuela et de son pétrole constitue une mauvaise nouvelle pour certains pays comme la Chine, qui était auparavant le plus gros acheteur de pétrole de Caracas. Désormais, Pékin pourrait payer plus cher pour le brut vénézuélien qualifié de très lourd. Cuba devrait également prendre un coup car le Venezuela est son principal fournisseur. Pour l’Europe, les manœuvres de Washington dans les Caraïbes risquent également d’avoir des conséquences fâcheuses sur les prix à la pompe.

En effet, face à une opération militaire, une instabilité institutionnelle ou un changement de pouvoir brutal, les acteurs du marché ont tendance à relever les prix, car ils intègrent la possibilité de décisions politiques imprévisibles et de perturbations logistiques. Pour l’heure, le marché reste assez serein parce que, bien que possédant les plus grandes réserves au monde (303 milliards de barils), le Venezuela n’extrait que 900 000 barils par jour. Trop peu pour perturber le secteur.

Le prix payé à la pompe ne dépend pas uniquement du brut

Par ailleurs, les marchés pourraient voir d’un bon œil un changement de régime au Venezuela, avec la possibilité d’une normalisation des relations internationales, d’un allègement des sanctions et d’un retour progressif des investissements étrangers. De telles perspectives poussent les compagnies à anticiper une augmentation future de l’offre. Ce qui a pour vertu de détendre les cours du pétrole, bien avant que la production ne devienne réalité.

Au niveau du carburant (essence, gasoil, diesel), produit issu du raffinage du pétrole, le prix payé à la pompe ne dépend pas uniquement du brut. Il prend aussi en compte les marges de raffinage, la logistique, les coûts de distribution, le taux de change dollar-euro, ainsi que la fiscalité, qui représente une part majeure du prix final en Europe.

Rien n’est encore gagné pour Trump au Venezuela 

À long terme, tout dépendra du rapport entre l’offre mondiale et la demande énergétique, mais également du contexte géopolitique général et de la stratégie de l’OPEP. Pour l’heure, les États-Unis doivent encore stabiliser le Venezuela et le mettre véritablement sous leur coupe car le régime est toujours en place avec l’investiture de la vice-présidente Delcy Rodriguez.

Washington a un choix à faire : soit composer avec ce qui reste du système chaviste, en le recadrant légèrement, soit renverser totalement le pouvoir avec une intervention militaire plus large. Ce qui risque de déboucher sur une guerre et un enlisement américain. Si les USA réussissent à soumettre Caracas sans effusion de sang, il leur faudra encore investir massivement pour remettre à neuf les infrastructures pétrolières totalement délabrées, après plusieurs années de mal gouvernance et de sanctions économiques. Rien n’est donc gagné pour Donald Trump et son administration.

LIRE EGALEMENT

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

Les plus lus