L’énergie nucléaire a l’AIEA pour la réglementer. Mais l’intelligence artificielle n’a pas encore un organisme pour l’encadrer, alors qu’elle constitue à elle seule un risque pour l’emploi, l’environnement et les droits humains. Lors du sommet de l’IA à New Delhi, en Inde, les dirigeants mondiaux et les patrons de la tech ont appelé à règlementer urgemment cette technologie, dont le développement se fait à une vitesse effarante.
Du 16 au 21 février, les dirigeants politiques et les leaders de la tech sont réunis à New Delhi, en Inde, pour le quatrième sommet mondial sur l’intelligence artificielle. Ce rendez-vous annuel vise à établir un cadre unifié pour la gouvernance de l’IA et la coopération internationale. Les participants ont tous reconnu la nécessite de réglementer cette technologie, au risque de la voir détruire notre société en s’attaquant à l’emploi, à l’environnement, à la création artistique, à l’éducation, à l’information ou encore aux droits humains.
« L’IA doit appartenir à tout le monde »
Mercredi 18 février, les dirigeants mondiaux, dont Narendra Modi, Emmanuel Macron et Antonio Guterres ont lancé les premiers messages en faveur d’une IA équitable et éthique. Ils ont appelé à garantir un accès universel à cette technologie et à mettre en place des mesures pour encadrer son usage dans le monde entier.
« L’IA doit appartenir à tout le monde » et son avenir ne peut pas être laissé « aux caprices de quelques milliardaires », a mis en garde le secrétaire général des Nations Unies. Pour sa part, le premier ministre indien a émis le vœu de voir cette « ressource partagée au bénéfice de toute l’humanité ». Pour se faire, il estime « très important que nous élaborions ensemble une feuille de route qui montre le véritable impact de l’IA ».
L’Europe ne réglemente pas de façon excessive l’intelligence artificielle
De son côté, Emmanuel Macron a affirmé que l’Europe, « un espace sûr », reste « déterminée à continuer à définir les règles du jeu », même si certains patrons de la tech trouvent qu’elle réglemente l’IA de façon excessive. « Contrairement à ce que certains amis mal informés ont pu dire, l’Europe ne se focalise pas aveuglément sur la régulation », a-t-il déclaré.
Aussi, le président français a invité ses pairs à renforcer les garde-fous après que Grok, le chatbot d’Elon Musk, a servi à générer des images deepfake sexualisées d’enfants et de femmes sans leur consentement. Face à ces dérives, le chef d’Etat français a jugé dangereux de laisser l’IA « entre les mains de quelques puissantes entreprises du secteur ».
Le monde a un besoin « urgent » de règles pour encadrer le développement vertigineux de l’IA
Visé comme ses collègues par les déclarations d’Emmanuel Macron, Sam Altman a admis jeudi que le monde avait un besoin « urgent » de règles pour encadrer le développement vertigineux de l’intelligence artificielle. « Nous en avons besoin comme pour n’importe quelle autre technologie d’une telle puissance », a-t-il reconnu.
Le patron d’Open AI, startup à l’origine du célèbre assistant conversationnel ChatGPT, croit aussi que « la démocratisation de l’IA est le meilleur moyen de garantir l’épanouissement de l’humanité ». Aussi, avertit-il contre la centralisation de cette technologie dans une seule entreprise ou un seul pays. Cela « pourrait mener à la ruine », a avisé le patron de la tech américain.
Une guerre de l’intelligence artificielle en cours entre OpenAI et Anthropic
Pour sa part, Dario Amodei, PDG d’Anthropic et ex dirigeant d’OpenAI, a prédit que des machines surpassant les humains deviendront une réalité dans quelques années…En d’autres mots, il faut s’apprêter à un licenciement massif des travailleurs humains pour laisser place aux robots. Notons que Sam Altman a refusé de lui serrer la main au sommet de New Delhi, à cause d’une dent qu’il garde contre lui.
Pour rappel, Amodei a quitté son entreprise début 2021 pour co-fonder Anthropic avec plusieurs autres cadres chercheurs d’OpenAI…Aujourd’hui, la guerre fait rage entre les deux sociétés, leaders mondiaux de l’IA. Cette bataille nous rappelle celle qui a opposé Coca-Cola et Pepsi il y a quelques décennies.
