France : vaste rappel d’airbags défectueux

En France, plusieurs constructeurs automobiles, dont Citroën et Volkswagen, ont lancé des campagnes de rappel d’airbags défectueux. Les immatriculations de véhicules concernés, plus de 2 millions, ont été publiés en début de semaine. Les propriétaires pourront se faire changer leurs airbags gratuitement.

Plusieurs groupes automobiles ont lancé des rappels d’airbags défectueux en France. Plus de 2,3 millions de véhicules sont concernés. La liste des modèles a été publiée cette semaine. On y retrouve des voitures Citroën, DS, Volkswagen et Audi.

Takata au cœur de cette affaire

Les airbags défectueux sont ceux du japonais Takata, tombé en faillite en 2017. Censés protéger le conducteur lors d’accidents en amortissants les chocs, ces dispositifs de sécurité ont tendance à éjecter le gaz pour gonfler les coussins. Ils peuvent ainsi éclater et projeter des bouts de métal susceptibles de transpercer un œil par exemple. La capsule contient précisément des cristaux de nitrate d’ammonium qui se transforment en gaz très instable. De plus, elle n’est pas étanche. Ce qui représente un danger supplémentaire.

Une dizaine de décès en Outre-mer dus aux airbags défectueux

Les airbags Takata ont déjà fait des centaines de victimes aux États-Unis et dans plusieurs autres pays depuis le début des années 2000. En France, il y a eu 14 victimes, essentiellement en Outre-mer (13 personnes tués). La Réunion compte deux décès, la Guyane quatre et la Guadeloupe sept. Confrontés à ces chiffres, les constructeurs automobiles ont dû lancer des rappels d’airbags dès 2018. En métropole, il a fallu attendre la mort d’un automobiliste dans les Hautes-Pyrénées en 2024 pour que Stellantis annonce le 17 mai un « stop drive » (« cessez de rouler » le véhicule).

Citroën va envoyer des courriers aux automobilistes concernés par le rappel d’airbags défectueux

Le groupe automobile français a envoyé un courrier à près de 300 000 automobilistes leur demandant de cesser immédiatement de conduire leur véhicule en raison d’un danger mortel. Cette campagne concernait uniquement les véhicules immatriculés au sud de la ligne Clermont-Ferrand – Lyon. Fin janvier 2025, la filiale Citroën a lancé un rappel d’airbags Takata pour les voitures immatriculés sau nord de la ligne Clermont-Ferrand – Lyon.

Près de 240 000 Citroën attendent le changement de leurs airbags défectueux

Près de 240 000 C3 et DS3 doivent être mises à l’arrêt en attendant le changement de leurs airbags défectueux, contre 247 000 Citroën C3 et DS3 en 2024. Les propriétaires devraient être avertis incessamment via un courrier. Citroën, qui assure privilégier la sécurité de ses clients, effectue également un certain nombre de prélèvements. « Nous en faisons exploser certains. Nous analysons la cartouche de gaz sur d’autres, pour mesurer son état de dégradation », confie Thierry Koskas, son directeur général.

Le rappel chez Citroën concerne l’ensemble des véhicules immatriculées entre 2008 et 2013

Thierry Koskas précise que son groupe dispose aujourd’hui d’un stock de 40 000 airbags et que les clients auront leur voiture pour les ponts du mois de mai pour les uns, et les vacances d’été pour les autres. Le dirigeant pense que la campagne « stop-drive » du nord de la France pourra être effectuée en deux mois. Pour cette opération, Stellantis, la maison-mère, a provisionné 940 millions d’euros. Le rappel concerne l’ensemble des véhicules immatriculées entre 2008 et 2013. Au-delà, Thierry Koskas assure qu’il n’y a pas de danger.

Vacances : les Canadiens boudent les États-Unis

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Depuis l’arrivée de Donald Trump au pouvoir, les Canadiens boycottent la destination États-Unis, en guise de protestation contre la politique du président américain, en particulier ses tarifs douaniers, qui frappent Ottawa. Ils préfèrent désormais passer leurs vacances au Mexique, à Antigua et même au pays.

Donald Trump aura réussi à se mettre à dos tout le monde avec sa politique provocatrice. Dès son élection, en novembre dernier, il s’est mis à menacer la Chine et ses deux voisins immédiats : le Canada au nord et le Mexique au sud. Le président américain a annoncé et finalement appliqué, depuis le 4 février, une hausse des droits de douanes jusqu’à 25%.

Le Canada prévoit des contre-tarifs

Évidemment, ces tarifs douaniers nuisent à l’économie des pays visés, notamment le Canada qui a toujours eu de bonnes relations avec le grand frère américain. Dès l’application de la hausse des droits de douanes américains, le pays a riposté avec des contre-tarifs prévus à partir du 4 mars. Voilà donc Donald Trump qui ouvre un nouveau conflit commercial en plus de celui avec la Chine.

Les autorités canadiennes appellent à se détourner des États-Unis

Mais Ottawa compte aller plus loin. A la guerre comme à la guerre, dit-on.Ainsi, le premier ministre de la Colombie-Britannique, David Eby, et le premier ministre canadien, Justin Trudeau, ont tous deux appelé leurs compatriotes à revoir leurs projets de voyage chez le voisin, qui veut d’ailleurs faire de leur nation, le 51e « État chéri » des États-Unis.

Pas question de se rendre aux États-Unis sous Trump

Mais les Canadiens n’ont pas attendu l’appel de leurs autorités pour se détourner de la destination États-Unis. Dès l’élection de Donald Trump le 5 novembre dernier, beaucoup d’entre eux ont annulé leur voyage. Pour eux, pas question d’aller dans un pays qui menace le leur. Certains avaient déjà pris cette résolution lors du premier mandat du dirigeant républicain (2016-2020).

Les Canadiens optent pour un tourisme local

Désormais, les Canadiens prévoient de visiter d’autres endroits que les États-Unis qu’ils adorent pourtant beaucoup. Certains choisissent d’aller en tourisme au Mexique, au Portugal ou encore à Antigua, jusqu’à ce que la situation évolue au pays de l’Oncle Sam. D’autres optent pour des séjours sur le territoire canadien même, notamment à Terre-Neuve, en Nouvelle-Écosse et en Ontario.

Une opportunité pour le tourisme national

C’est une occasion pour les Canadiens de découvrir ou de redécouvrir leur pays. Le gouvernement se félicite de la situation, ayant toujours appelé ses citoyens à privilégier les destinations intérieures pour passer leurs vacances. Le tourisme canadien ne pourra que se porter mieux. De l’autre côté, c’est une mauvaise nouvelle pour l’économie et les emplois.

Vers une baisse de 10% des voyages de Canadiens aux États-Unis

D’après la U.S. Travel Association, qui défend les intérêts de l’industrie américaine du voyage, le Canada est la première source de visiteurs étrangers aux États-Unis, avec 20,4 millions de touristes en 2024 et 20,5 milliards de dollars de dépenses. Cette manne financière permet de soutenir 140 000 emplois américains. Avec le boycott, U.S. Travel Association prévoit une baisse de 10 % des voyages en provenance du Canada. Ce qui pourrait se traduire par une perte de 2,1 milliards de dollars américains en dépenses et la suppression de 14 000 emplois.

Un boycott des États-Unis qui n’a pas beaucoup de sens

Les Canadiens savent que ce boycott ne va pas changer la décision de Trump, mais qu’il peut avoir un impact quand même, économique, moral ou culturel. Ils rappellent que le tourisme est une forme de diplomatie douce, qui favorise la compréhension culturelle et renforce les relations entre les pays. Il faut cependant souligner que ce boycott n’a pas beaucoup de sens. On aime un pays pour ce qu’il est ou on ne l’aime. Un président ne peut pas nous le faire détester. D’ailleurs, si on devait choisir sa destination touristique selon ses convictions politiques, plus personne ne traverserait le pas de sa porte.

Frigos : bientôt plus verts et silencieux ?

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Aujourd’hui alimentés par des gaz à effet de serre, les frigos pourraient bientôt devenir plus propres. Des chercheurs de l’université Deakin, en Australie, ont réussi à faire fonctionner un appareil à température ambiante avec des cristaux plastiques. Ces matériaux spéciaux ont une capacité à absorber de la chaleur et à rafraîchir un espace donné. En plus d’être facilement utilisables, ils sont aussi écologiques et économiques.

Inventés dans les années 1930, les réfrigérateurs sont aujourd’hui parmi les appareils électroménagers les plus répandus. On les trouve dans presque tous les foyers. Ils servent essentiellement à la conservation de nos aliments, évitant ainsi des pertes. Mais ces équipements ont deux gros défauts : ils font du bruit et émettent des gaz à effet de serre.

Les gaz réfrigérants des frigos provoquent un effet de serre

En effet, les frigos utilisent des gaz réfrigérants pour la conservation des aliments. Le plus connu de ces gaz est le R-134a, un hydrofluorocarbure qui a remplacé le fréon. Même s’il ne nuit pas à la couche d’ozone, ce composé provoque un effet de serre des centaines de fois supérieur à celui du CO2, quand il s’échappe des appareils électroménagers. On estime que les gaz réfrigérants contribuent autant au réchauffement climatique qu’un pays comme le Canada.

Des cristaux plastiques à la place des gaz réfrigérants

Pour rendre les réfrigérateurs plus respectueux de la planète, les scientifiques travaillent depuis quelques années sur des appareils non polluants, mais également silencieux. Des chercheurs de l’université Deakin, en Australie, ont récemment proposé une solution : les cristaux plastiques. Ils ont pu faire fonctionner un frigo en utilisant ces produits à la place des gaz réfrigérants. Ces matériaux sont capables d’absorber la chaleur et de refroidir un espace donné, une fois compressés.

Des propriétés uniques pouvant refroidir l’intérieur des frigos

Les cristaux plastiques doivent leur nom à leur structure unique. En effet, sous certaines conditions, notamment sous compression, leurs molécules peuvent se déformer puis revenir à leur état initial. Cette propriété a l’avantage de créer une baisse de la température des cristaux. Ceux-ci peuvent alors absorber la chaleur et refroidir l’intérieur d’un frigo.

Plusieurs variétés de cristaux plastiques testé pour n’en choisir qu’une

Dans le cadre de leurs travaux, les scientifiques australiens ont testé plusieurs variétés de cristaux plastiques pour identifier ceux capables de rafraîchir efficacement l’air à température ambiante. Ils ont découvert que certains cristaux pouvaient évacuer la chaleur de l’air à des températures comprises entre -37°C et 10°C.

Une chambre de compression et un ventilateur utilisés pour l’expérimentation

Les chercheurs de l’université de Deakin ont conçu ensuite une chambre de compression pour éprouver les molécules des cristaux plastiques choisis. Ils ont également utilisé un ventilateur afin de diffuser l’air frais dans l’environnement. En procédant à des cycles répétés de compression et de décompression, les chercheurs ont constaté que les cristaux de plastique pouvaient effectivement servir de réfrigérants, sans polluer.

Des aimants pour réfrigérer les frigos

Leurs résultats permettent d’envisager une large gamme d’applications domestiques, comprenant les climatiseurs. Ils pourraient introduire une révolution majeure dans le domaine de la réfrigération. Mais ce n’est pas le seul procédé proposé pour remplacer les gaz réfrigérants. Une autre solution est de s’appuyer sur des aimants. Ces matériaux ont également des propriétés d’absorption de la chaleur. En plus, ils réduiraient la facture d’au moins 30% ! Un test est en cours dans un supermarché en Allemagne.

Porsche : une marche-arrière sur l’électrique à 800 millions

Les constructeurs automobiles reculent les uns après les autres sur l’électrique. Porsche vient à son tour de faire marche-arrière sur cette motorisation, alors que le groupe allemand s’était engagé dans l’électrification de ses véhicules. Ce retour sur sa politique de transition énergétique pourrait cependant lui coûter cher.

Les constructeurs automobiles se sont ils fourvoyés dans leur stratégie du « tout électrique « ? Après avoir annoncé à grande pompe l’électrification de leur gamme de véhicules, les voici qui font demi tour les uns après les autres. Le dernier en date, Porsche. L’entreprise allemande a annoncé la semaine dernière qu’elle faisait marche-arrière sur sa stratégie électrique.

Porsche voit une baisse de ses bénéfices en 2025

Cette annonce est intervenue après que Porsche a dévoilé ses perspectives financières. Déjà en difficulté avec des ventes en baisse, la firme de Stuttgart a déclaré que ses bénéfices risquaient d’être plus faibles que prévu en 2025. Ses marges bénéficiaires devraient se situer entre 10 et 12 %. Ce qui est bien inférieur à l’objectif initial de 20 %.

Les ventes du Taycan ont plongé en 2024

Cette révision des objectifs s’explique notamment par les mauvaises ventes de ses modèles électriques. En particulier la Taycan, qui a connu une année 2024 médiocre. En effet, la grande berline électrique a vu ses ventes plonger de 49 %, à seulement 20 836 exemplaires écoulés. Toutes motorisations confondues, les livraisons de Porsche ont baissé de 3 % l’année dernière.

Porsche ralentit fortement sur l’électrique en Chine

Le constructeur allemand a vu rouge en Chine, où ses ventes totales ont chuté de 28 %. Ce chiffre témoigne du désamour pour la Taycan dans un pays où la transition vers l’électrique s’accélère pourtant. Face à ces signaux négatifs, Porsche décide de reculer sur l’électrique pour foncer résolument sur le thermique et l’hybride.

800 millions d’euros pour virer complètement au thermique et à l’hybride

Jusqu’à récemment, le fabricant prévoyait d’électrifier tous ses modèles thermiques phares. Mais ces derniers devraient garder leur motorisation plus longtemps ou s’ouvrir à l’hybride. Pour soutenir ce virage à 180°, Porsche annonce un investissement de 800 millions d’euros . C’est cher payé. Mais les analystes de la Deutsche Bank pensent que c’est la bonne décision. Ils saluent donc la hausse annoncée des investissements dans les moteurs thermiques, même si cela « coûte plus cher que prévu ».

Porsche prévoit une restructuration de son conseil d’administration

Les experts de la Deutsche Bank disent apprécier grandement « la volonté de l’entreprise de s’adapter aux attentes des consommateurs », en conservant ses « modèles à essence qui jouent encore un rôle important ». Mais Porsche va terminer les projets commencés dans l’électrique. Ainsi, malgré la débâcle sur ce segment, le groupe allemand maintient la sortie du 718 Boxster en 2025 et du 718 Cayman en 2026. Côté organisation, il prévoit une restructuration de son conseil d’administration, cinq mois après la nomination de Lutz Meschke au poste de directeur financier.

DPE : une annonce immobilière sur cinq pas en règle

En France, une annonce immobilière sur cinq ne respecte pas la Loi Climat et résilience, qui impose la publication du DPE (diagnostic de performance énergétique) des logements. Au 1er janvier 2025, 18% des annonces de location ne respectaient toujours pas l’obligation de publication du DPE, avec 35% pour Paris.

SeLoger, groupe spécialisé dans la diffusion d’annonces immobilières sur internet, vient de publier une étude sur le respect des obligations concernant les diagnostics de performances énergétiques (DPE). Au 1er janvier 2025, près d’une annonce de location sur dix ne respectait toujours pas l’obligation de publication du DPE.

DPE et logements classés G issus de la Loi Climat et résilience

Les DPE sont une obligation de la Loi Climat et résilience. Ils doivent être publiés par les propriétaires de logement au moment de l’annonce immobilière. L’objectif est d’éviter la location des logements classés G, interdits depuis le 1er janvier 2025 car énergivores.

Près de 20% des propriétaires ne respectaient toujours pas l’obligation de publication du DPE en France

D’après l’étude de SeLoger dévoilée mercredi 5 février, 18% des propriétaires ne respectaient toujours pas l’obligation de publication du DPE, contre 37% en juillet 2021, date de l’interdiction. Aussi, 2,3% des annonces concernaient toujours des biens classés G, contre 3,2% ces dernières années. SeLoger a réalisé son étude en s’appuyant sur les annonces immobilières publiées sur son site entre 2018 et mi-janvier 2025.

35% des annonces n’affichaient pas de DPE à Paris

À Paris, une annonce sur trois (35%) n’affichait pas de DPE, et 4,7% des annonces appartenaient encore à la catégorie G. Ainsi, souligne SeLoger, c’est dans la capitale « que la loi Climat et résilience peine le plus à être respectée ». Il y a plusieurs raisons à cette situation. D’abord la structure de la ville. Paris a un parc constitué à 35% de passoires thermiques (contre 17% en France) car la construction de 60% de ses biens en copropriété date de la Première guerre mondiale et un quart entre les deux guerres.

La rénovation énergétique coûte cher

Il y a ensuite l’offre de locations à Paris, qui demeure très insuffisante par rapport à la demande. SeLoger explique que cela peut pousser certains propriétaires à faire fi de la loi, par opportunisme, et des locataires à s’en contenter, faute de choix. Il faut noter en outre que les propriétaires peuvent avoir des difficultés à financer la rénovation énergétique de leur logement noté G. Les travaux coûtent en moyenne 40 000 euros, selon la Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim).

Une proposition de loi pour revenir sur l’interdiction des logements classés G

Si les contrevenants s’exposent à des sanctions pécuniaires en cas d’annonce sans DPE, cela ne semble pas les effrayer. Ils ont leur raison. On n’oublie pas, par exemple, le flou politique en France avec le gouvernement Bayrou toujours en sursis. D’ailleurs, il existe actuellement une proposition de loi soutenue par l’exécutif pour revenir sur l’interdiction des logements classés G, au nom d’une pénurie de logements. Mais certains professionnels ne voient pas de réelle pénurie. Ils parlent plutôt de conditions du marché et d’augmentation forte des taux.

Nestlé Waters : le scandale des eaux en bouteille éclabousse jusqu’au sommet de l’Etat

De nouvelles révélations du journal Le Monde et de la cellule investigation de Radio France, l’Etat français a aidé Nestlé à utiliser des filtres illégaux pour ses eaux minérales en bouteille. Se faisant, l’exécutif a privilégié les intérêts du géant agroalimentaire au détriment des consommateurs.

Emmanuel Macron trempé jusqu’à cou. De nouvelles révélations publiées le 4 février par Le Monde et la cellule investigation de Radio France mettent au grand jour le copinage cynique entre l’entourage du président et Nestlé Waters. En effet, pendant plusieurs années, le cabinet du chef de l’État a aidé, en toute connaissance de cause, le géant agroalimentaire à utiliser des filtres illégaux pour ses eaux minérales en bouteille.

Nestlé a eu recours à des systèmes interdits de microfiltration

Le groupe suisse, propriétaire des marques Vittel, Contrex, Hépar et Perrier puise son eau minérale dans les Vosges et le Gard. A partir de 2021, au moins, il a eu recours à des systèmes interdits de microfiltration pour garantir la sécurité alimentaire de ses eaux minérales, face notamment à des problèmes de contaminations bactériologiques. Bien que les agences sanitaires ont à plusieurs reprises, et avec insistance, alerté l’exécutif du caractère illégal de ces pratiques et des risques sanitaires encourus, Matignon et l’Elysée n’ont rien fait.

La DGS avait recommandé de suspendre les autorisations du groupe

Dans une note du 20 janvier 2023, le directeur général de la santé (DGS) d’alors, Jérôme Salomon, recommandait de suspendre immédiatement l’autorisation d’exploitation, de conditionnement et d’embouteillage de l’eau pour les sites Nestlé des Vosges et du Gard. Il fondait sa demande sur un rapport de l’Anses qui concluait que l’eau en sortie de puits n’était pas microbiologiquement saine avec l’utilisation de microfiltres inférieurs à 0,8 micromètre.

Une précédente enquête avait déjà épinglé la multinationale suisse

Cette demande n’a pas empêché l’Elysée d’accorder des dérogations sur l’usage de microfiltres à Nestlé, coutumier des pratiques illégales. En janvier 2024 déjà, des enquêtes journalistiques publiées par Le Monde et Radio France puis par Mediapart indiquaient que la multinationale avait fraudé pendant quinze ans, vendant de l’eau en bouteille non conforme à la réglementation. La nouvelle enquête ne fait donc que confirmer ces premières révélations.

L’exécutif a privilégié les intérêts de Nestlé au détriment des consommateurs

Pour mener leurs nouvelles investigations, Le Monde et Radio France ont eu accès à plusieurs notes ministérielles, à des échanges de courriels, compte-rendus d’inspection des usines Nestlé et à des résultats de prélèvements sanitaires. Tous ces documents posaient clairement le problème. Fort de cela, les deux médias accusent l’exécutif d’avoir « privilégié les intérêts de Nestlé au détriment des consommateurs, en laissant le groupe suisse continuer à commercialiser une eau qu’il savait non seulement non conforme à la réglementation mais aussi à risque pour la santé ».

Des rencontres entre les représentants du groupe agroalimentaire et de l’Elysée

Le Monde et Radio France pensent que l’Elysée et Matignon ont cédé au lobbying intense mené depuis 2021 par Nestlé. Ils notent que des représentants du groupe agroalimentaire ont eu des rencontres avec l’entourage de Macron, notamment avec Alexis Kohler, secrétaire général de l’Élysée. Les deux parties n’ont pas démenti ces réunions, mais ont assuré qu’elles étaient formelles.

Emmanuel Macron a des liens anciens avec Nestlé

Pointé directement du doigt, Emmanuel Macron a affirmé mardi qu’il n’y a eu ni « entente » ni « connivence avec qui que ce soit ». Mais on ne peut pas oublier qu’il y a un lien ancien entre le chef de l’État et la multinationale suisse. En effet, lorsqu’il était banquier d’affaires chez Rothschild & Cie, l’actuel président de la République a empoché un million d’euros dans le cadre d’une négociation pour Nestlé. La direction française du groupe lui avait même proposé un poste.

Nestlé a payé pour s’éviter un procès

Si son prédécesseur parlait de risques pour la santé, l’actuel patron de la DGS, Grégory Emery, a indiqué en janvier devant le Sénat que ce dossier n’était pas un sujet de sécurité sanitaire mais de fraude. Ce que contestent des ONG comme Foodwatch, qui a déposé une plainte contre Nestlé l’année dernière. L’entreprise a accepté en septembre de payer une amende de 2 millions d’euros pour s’éviter tout procès…Un aveu de sa part ?