En Guyane, 21 victimes des accidents de la route ont été enregistrés au premier semestre 2025 et 25 en ajoutant le mois de juillet. C’est déjà presque la moyenne annuelle du département d’outre-mer. Cette recrudescence des drames routiers s’explique principalement par la consommation de drogue et d’alcool, la fraude sur les permis de conduire et le non respect du port de casque pour les deux roues.
Les routes de la Guyane sont de moins en moins sures. Durant le dernier weekend du mois de juin, un énième accident mortel s’est produit sur le pont du Larivot. Un choc frontal d’une extrême violence entre une voiture et un scooter a provoqué la mort du cyclomotoriste. Avec ce décès, le seul enregistré officiellement en juin, le nombre de victimes de la route au premier semestre 2025 s’élève à 21, dont 8 pour les mois de janvier et mars (donc 16 en l’espace de deux mois),1 en février, 1 en avril et 2 en mai.
La Guyane a presque déjà atteint sa moyenne annuelle de décès de la route
En juillet, les autorités ont recensé quatre morts, tous dans les dix derniers jours. Ainsi, depuis le début de l’année, 25 personnes ont perdu la vie dans des accidents de la route en Guyane. C’est déjà le double des morts enregistrés à cette période l’année dernière et presque la moyenne annuelle départementale (30 décès). Les autorités redoutent un bilan encore plus lourd d’ici la fin de l’année en prenant en compte les vacances toujours en cours et les fêtes de fin d’année.
Les jeunes, principales victimes des accidents de la route
Selon le baromètre de l’Observatoire de la sécurité routière publié en mai, les accidents de la route sont majoritairement le fait de conducteurs de voitures ou de deux-roues, dont beaucoup ne portent pas de casques. Les jeunes sont davantage touchés avec 13 morts dans leur rang sur les 25 dénombrés au 31 juillet. La principale cause des accidents est la consommation d’alcool et l’usage de stupéfiants.
Des vacances très festives en Guyane
Ces psychotropes sont ingérés en grande quantité pendant les vacances d’été, durant lesquelles plusieurs événements festifs se déroulent en Guyane. On note principalement l’organisation de fêtes communales, qui ont retrouvé leur lustre d’antan, de festivals, de concerts et de grosses soirées dansantes. Ce sont autant d’occasions de se déplacer et d’emprunter les deux routes nationales majeures qui mènent aux frontières, à Saint-Georges et à Saint-Laurent.
La Guyane confrontée à la fraude sur les permis de conduire
Une fois sous l’effet de l’alcool ou des stupéfiants, les usagers ne respectent plus vraiment les codes de la route. Ils font des dépassements dangereux, excédent les vitesses autorisés et ne portent pas de casques. À ces comportements irresponsables s’ajoutent la fraude sur les permis de conduire, les conducteurs sans permis et les permis étrangers. Ces derniers sont difficiles à vérifier car n’étant pas dans la base de données françaises. Les forces de l’ordre ne peuvent donc pas savoir si la personne a réellement le droit de conduire ou non.
En Guyane, les zones urbaines moins touchées par les accidents de la route
Le baromètre de l’Observatoire de la sécurité routière indique en outre que les accidents ont davantage lieu sur les grands axes routiers qu’en zones urbaines. Dans ces dernières, un seul décès a été recensé depuis le début de l’année. Cependant les infractions y sont fréquentes et les contraventions se comptent par milliers. En cause, la baisse de la vigilance et des précautions concernant la ceinture de sécurité ou le casque moto, compte tenu des trajets courts, des feux de signalisation ou encore des vitesses limitées.
Sensibilisation et répression
Face à la hausse des infractions et des accidents de la route, les autorités tirent la sonnette d’alarme. Elles multiplient les campagnes de sensibilisation, en répétant les slogans comme « Celui qui conduit c’est celui qui ne boit pas », « Tous responsables » et « La vitesse tue ». Et pourtant, les automobilistes continuent leurs comportements à risque. Il ne reste donc plus qu’à sévir, avec des amendes, la suspension du permis de conduire, voire une sanction pénale qui relève là de l’autorité judiciaire.
239 personnes sont décédées sur les routes d’outre-mer en 2024
Pour trouver des solutions efficaces, les premières Assises de la sécurité routière et fluviale ont été organisées du 20 novembre au 13 décembre 2024. Elles visaient à structurer une réponse collective pour réduire les risques et sauver des vies. D’après le bilan annuel de la Sécurité Routière, 239 personnes sont décédées sur les routes d’outre-mer l’année dernière, dont 198 hommes et 41 femmes. C’est une hausse de 3 % par rapport à 2023 mais une baisse de 6 % par rapport à 2019, année du Covid et des quarantaines. En France métropolitaine, 3 193 personnes ont perdu la vie sur les routes nationales en 2024. Les hommes sont les plus touchés, avec 77 % des tués et 75 % des blessés graves. Mais 84 % des présumés responsables d’accidents mortels sont aussi des hommes.
