Une bataille autour de la malbouffe à Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis. Le maire socialiste Karim Bouamrane veut faire fermer le fast-food Master Poulet, connu pour ses bas prix. Il accuse le restaurant de promouvoir la « junk food », tout en engendrant des nuisances sonores et olfactives. L’édile a déjà déposé plainte et tenté de bloquer l’accès à l’établissement avec des blocs de béton et de larges pots de fleurs. En vain.
Installée depuis le 11 avril 2026 à Saint-Ouen, au 70 Boulevard Jean Jaurès, la chaîne de fast-food Master Poulet est devenue le symbole de la guerre contre la malbouffe en région parisienne. Cette bataille est conduite par le maire socialiste Karim Bouamrane, qui multiplie les actions pour faire fermer le restaurant connu pour ses bas prix, défiant toute concurrence (un poulet entier à 7,5 euros).
Master Poulet gêne par ses odeurs et ses bruits
Si certains riverains pointent l’origine inconnue du poulet vendu dans le restaurant et une dégradation du quartier avec les odeurs et les bruits (il y a beaucoup de clients), Karim Bouamrane se plaint de l’emplacement du Master Poulet. Il assume ouvertement qu’il ne veut pas de l’enseigne à cet endroit-là, à la sortie du métro, pratiquement sous les fenêtres de la mairie. De plus, peste-t-il, la chaîne de fast-food n’a pas obtenu l’ensemble des autorisations nécessaires. L’élu PS a déjà porté l’affaire en justice et tenté de bloquer l’accès à l’établissement en posant des blocs de béton devant la terrasse couverte, puis de larges pots de fleurs. En vain !
Karim Bouamrane en a marre de voir proliférer la « junk food »
A ceux qui trouvent qu’il en fait un peu trop, Karim Bouamrane jure n’avoir aucun problème personnel avec Master Poulet et « que chacun mange ce qu’il veut », même le poulet qu’il adore aussi. Selon lui, le problème vient de l’emplacement, mais aussi de « la multiplication, la prolifération des mêmes types de commerce qu’on appelle la ‘junk food’, qui engendre des nuisances sonores, olfactives, des attroupements ». Il ajoute que cette profusion nuit à « la diversité de nos commerces ». Or, conclut-il, « l’objectif de notre municipalité justement, c’est de multiplier la diversité des commerces, du bon, du beau et la démocratisation de l’excellence. ».
Master Poulet rejette toutes les accusations
De son côté, Master Poulet reste plutôt sereine. L’enseigne confirme qu’elle n’augmentera pas ses prix pour faire plaisir au maire qui voudrait gentrifier (embourgeoiser) son centre-ville et donner les meilleurs emplacements aux grandes marques. Elle rejette également les accusations de malbouffe. La chaîne de street food dit faire du poulet rôti et non du poulet frit. Aussi, sa viande viendrait principalement de Pologne et d’Espagne, et non d’Ukraine ou du Brésil, où les conditions d’élevage sont fortement décriées.
L’enseigne soutenue par des élus de gauche
Master Poulet a reçu le soutien de certains élus. Notamment de la députée de La France insoumise (LFI) Nadège Abomangoli, qui dénonce « un acharnement contre Master Poulet complètement lunaire, teinté de racisme et de mépris de classe ». Elle juge le commerce utile pour la Seine-Saint-Denis, « le département le plus pauvre de France, avec des services publics délaissés et en ruine ». A noter, le fondateur de Master Poulet est un certain Chouaib Benbakir, un entrepreneur français actif dans le conseil de gestion, la restauration et le commerce de gros, principalement en Île-de-France.
