Une épidémie d’hantavirus apparue à bord d’un navire de croisière néerlandais dans l’Atlantique a fait trois morts à ce jour. Alors que le virus se transmet généralement à l’être humain par l’intermédiaire de rongeurs sauvages infectés, l’OMS a évoqué mardi la possibilité d’une « transmission interhumaine ». Des investigations sont en cours afin de mieux comprendre la situation. De son côté, le bateau cherche toujours un port d’attache.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré mardi soupçonner une « transmission interhumaine » dans l’épidémie d’hantavirus suspectée à bord du navire de croisière MV Hondius. Battant pavillon néerlandais, ce navire est parti d’Argentine il y a environ trois semaines pour une longue croisière avec 150 passagers et une soixantaine de membres d’équipage. Depuis le 3 mai, trois personnes sont décédées et plusieurs autres tombées malades. Des interventions ont toujours cours pour traiter les cas nécessitant une prise en charge clinique.
L’hantavirus portés par des rongeurs comme les rats et les souris
Pour rappel, l’hantavirus désigne un groupe de virus portés par des rongeurs, comme les rats et les souris, et qui peuvent occasionnellement provoquer des infections graves chez l’être humain. La contamination s’effectue le plus souvent lors d’un contact avec un rongeur infecté ou par l’inhalation de particules provenant de ses déjections et de son urine.
Il est extrêmement rare que le virus se transmette d’une personne à l’autre. Un individu contaminé présente divers symptômes, comme une détresse respiratoire et cardiaque, une fièvre hémorragique, des maux de tête et des douleurs musculaires. Dans certains cas, surtout pour les personnes développant des symptômes respiratoires, le virus peut tuer.
Entre 100 000 et 200 000 le nombre d’infections à hantavirus chaque année dans le monde
Il n’existe pas encore de vaccins reconnus. Les traitements proposés consistent uniquement à soulager les symptômes. On estime entre 100 000 et 200 000 le nombre d’infections à hantavirus chaque année dans le monde. La majorité des cas survient en Asie, où l’hantavirus le plus répandu est la fièvre hémorragique avec syndrome rénal (FHSR), également très présent en Europe.
Quel virus circule actuellement à bord du MV Hondius ? Maria Van Kerkhove, directrice par intérim du département de prévention et préparation aux épidémies et pandémies de l’OMS, a déclaré lors d’une conférence de presse mardi qu’on ne peut pas encore « tirer des conclusions » sur ce qui se passe sur le navire. « Nous ne savons pas précisément quelle forme de la maladie ni quel type de hantavirus ont touché les personnes à bord du MV Hondius », a-t-il précisé.
Possibilité d’une infection en dehors du bateau de croisière
Compte tenu de la durée de la période d’incubation du hantavirus, qui peut varier entre une et six semaines, l’OMS suppose que les personnes malades ont été infectés en dehors du bateau de croisière. Peut-être lors d’une excursion à terre avant d’embarquer, en particulier dans des zones où le contact avec des rongeurs ou leurs déjections est plus probable. L’organisation évoque aussi la possibilité que des rongeurs aient été introduits involontairement à bord du navire via des cargaisons ou des approvisionnements. Elle mène des enquêtes sanitaires pour faire toute la lumière sur cette épidémie.
Aucun risque de contamination comme avec le Covid-19
Si certains s’inquiètent d’une contamination à la Covid-19, l’Organisation mondiale de la santé estime que le risque pour le grand public reste faible à ce stade. « Il n’y a pas lieu de paniquer ni d’imposer des restrictions de voyage », a rassuré Hans Kluge, directeur régional de l’OMS pour l’Europe. Actuellement au mouillage au large du Cap-Vert, dans l’Atlantique, le MV Hondius cherche à accoster aux îles Canaries dans trois ou quatre jours avant de rejoindre les Pays-Bas. Sur l’archipel espagnole les avis sont partagés entre offrir une escale au bateau et le laisser poursuivre sa route pour éviter toute contamination. Madrid, lui, dit attendre les données épidémiologiques pour se décider.
