La Chine veut continuer à régner sur le marché des terres rares

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Le pays vient de créer, en fusionnant certaines de ses entreprises les plus actives dans les minerais, un géant des terres rares. Objectif : renforcer sa mainmise sur un secteur qu’il domine déjà très largement.

Dans sa rivalité avec le reste de la planète, l’Occident et les États-Unis principalement, la Chine se donne les moyens de ses ambitions. D’autant que sa guerre commerciale avec le pays de l’Oncle Sam est désormais à des niveaux insoupçonnés. Fort heureusement pour la deuxième puissance économique du monde, elle dispose encore d’une avance sur ses rivaux dans certains domaines.

À l’image du secteur des terres rares, expression désignant un ensemble de 17 métaux extrêmement précieux pour leur propreté indispensable dans bien des domaines. Ils interviennent par exemple dans la recherche sur les armes de nouvelle génération, autant que dans la construction de batteries pour les véhicules électriques.

Omniprésence

Alors que le traitement de ces métaux découle d’un processus polluant, la Chine n’a aucun scrupule à cet égard. De fait, elle en est aujourd’hui responsable de l’extraction et de la purification respectivement à 60 et 90% au plan mondial. Soit très loin des États-Unis, deuxième acteur en la matière, dont le sol est seulement pourvoyeur de 16% des terres rares dans le monde. Cette omniprésence rend Pékin incontournable vis-à-vis de Washington ou de l’Europe.

Mais l’Empire du Milieu décidément insatiable ne compte pas en rester là. Surtout que la crise du Coronavirus a prouvé à suffisance au monde qu’il était préférable de pouvoir compter que sur soi-même. À plus forte raison dans des secteurs aussi stratégiques que celui des minerais.

Vive la China Rare Earth Group

C’est la raison pour laquelle la Chine a décidé de consolider son assise dans les terres rares en mettant sur pied fin 2021, la China Rare Earth Group. L’entreprise est née de la fusion de trois groupes industriels disséminés dans les régions du pays. À savoir China Minmetals Corp, Aluminium Corp of China (CHALCO) et Ganzhou Rare Earth Group Co qui comptent chacun pour 20,33% dans la nouvelle firme. La Commission de supervision et d’administration des actifs appartenant à l’État (SASAC) détenant le reste des actifs.

La nouvelle de la création de la China Rare Earth Group est une manœuvre de l’État central destinée à mettre un terme à l’éparpillement de ses fleurons dans les terres rares. Elle devrait également permettre à la Chine d’influer plus que jamais à sa guise sur le marché. Ses concurrents peuvent toujours courir.

Des enchères avant l’heure pour De Beers Cullinan Blue Diamond

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Le diamant découvert en avril dernier n’est pas encore mis à l’encan qu’il fait déjà grimper les chiffres. Il devrait prochainement se vendre à 48 millions de dollars au moins, selon les plus sérieuses estimations.

Comme le secteur du luxe en général, un des grands gagnants de la pandémie du Covid, la filière du diamant ne connaît pas la crise. Ou alors très peu, le cas échéant. Les mines, bien que sujettes à certaines contraintes inhérentes au contexte sanitaire, fonctionnent relativement bien. Avec comme c’est parfois le cas, des prises exceptionnelles.

À l’image de De Beers Cullinan Blue Diamond, du nom du plus gros diamant brut jamais découvert à ce jour. Sorti en avril 2021 des terres sud-africaines, plus précisément de la mine de Culliman qui lui a d’ailleurs donné sa dénomination, il pesait 40 carats dans sa forme brute. Un atout non-négligeable pour une terre précieuse. Et pourtant, ce n’est pas sa taille qui la rend unique.

Merveille de 15,10 carats

Une de ses principales forces d’attraction réside dans sa couleur plutôt rare pour un diamant. Le bleu vif en l’occurrence, selon les observations du Gemological Institute of America (GIA) qui lui a attribué la plus élevée note possible pour les diamants de couleur.

Acquise contre 40 millions de dollars par De Beers et Diacore, deux des plus importants acteurs du diamant au monde, la pierre précieuse a subi près d’un an durant, un véritable ripolinage. De façon à le débarrasser de toutes ces impuretés. Il en est ressorti un joyau de 15,10 carats tutoyant la perfection et dont le destin se trouve selon toute vraisemblance auprès des plus grands collectionneurs.

Une enchère qui promet

Et pour cause, la vente aux enchères devant consacrer sa cession devrait battre le record en la matière détenue jusque-là par l’Oppenheimer, diamant bleu de 14,62 carats vendu à 57,5 ​​millions de dollars en 2016 chez Christie’s. Pour un De Beers Cullinan Blue Diamond bien plus grand et au bleu davantage marqué, il faudrait s’attendre à une somme astronomique. Sotheby’s chargée de l’opération prévue pour fin avril à Hong Kong en estime d’ores et déjà le coût à 48 millions de dollars au minimum.

Un chiffre colossal, mais qui ne devrait pas refroidir les acheteurs. Tant les diamants bleus de ce type ont aiguisé les appétits ces dernières années. Du Zoé Diamond cédé à 32,6 millions de dollars en 2014 à l’Oppenheimer Blue, sans oublier le Blue Moon de Joséphine de 48,5 millions de dollars vendu il y a sept ans.

La hausse des prix s’empare de Louis Vuitton

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Le géant français de la maroquinerie entre autres va revoir le coût de ses produits à la hausse face au contexte inflationniste mondial. Objectif : protéger ses marges bénéficiaires alors que le secteur luxe est un des grands gagnants de la pandémie du Covid.

On s’en doutait un peu depuis fin janvier lors de l’annonce des résultats du quatrième trimestre de l’année écoulée par Louis Vuitton. Le discours du grand patron Bernard Arnault laissait présager une hausse des prix. Eh bien, on y est. Le groupe compte, selon des informations obtenues par Reuters ce mardi 15 février d’un porte-parole basé en Chine dont l’identité reste inconnue, procéder à l’augmentation de ses coûts de vente dans les prochaines heures.

L’intéressé ne révèle rien de la proportion dans laquelle cette augmentation se fera, bien que PurseBop, plateforme de suivi du marché du luxe parle d’une fourchette située entre 2 et 18% selon les gammes. Mais l’agence de presse britannique croit savoir qu’elle devrait affecter l’ensemble des marchés du groupe tricolore. Ainsi qu’un large éventail de produits provenant de la maroquinerie, de la mode, entre autres. À cet effet, des bruits d’une hausse des prix de l’ordre de 20% impliquant certains sacs à main de la marque circuleraient déjà en Chine toujours selon Reuters.

Marge bénéficiaire

En tout cas, ce que Louis Vuitton décrit comme un ajustement des prix s’impose selon les responsables, au regard du contexte économique mondial. Toujours en proie aux conséquences de la crise du Covid, ce dernier est en effet marqué par un surcoût de production et de transport notamment pour les entreprises. Les industriels sont donc contraints d’agir en conséquence sur les prix afin d’éviter une érosion complète de leur marge bénéficiaire.

C’est ainsi que le concurrent de Louis Vuitton, Chanel affecté par les problèmes de chaîne d’approvisionnement, a augmenté à plusieurs reprises l’année dernière, le prix de certains de ses produits. Au nombre desquels, le sac Classic Flap désormais au-delà de 50% plus cher qu’il y a trois ans.

Quelle réaction pour le marché ?

Il reste à savoir comment réagira le marché à cette hausse des prix chez Louis Vuitton, propriété de LVMH, étant donné la quasi-stagnation du pouvoir d’achat ces derniers mois. Une situation qui n’a toutefois pas empêché le fleuron français du luxe, à l’instar de l’ensemble de ce secteur, de terminer 2021 en fanfare. Il a en effet annoncé 20,04 milliards d’euros de ventes au dernier trimestre. Des résultats dopés essentiellement par ses divisions mode et maroquinerie en Asie et aux États-Unis.

Wrigley mise tout sur les M&M’s

La firme agroalimentaire déploie depuis quelques années, un plan d’expansion de la production de ses célèbres bonbons chocolatés. Un projet de plusieurs millions d’euros destiné à faire évoluer son usine française notamment.

Pour Mars Wrigley, il ne saurait y avoir meilleur porteur de croissance que les M&M’s. Les bonbons enrobés de chocolat aux personnages rigolotes connaissent un franc succès. Notamment en France où la consommation de celui estampillé Crispy a plus que doublé depuis 2017. Il faut donc soutenir la demande avec une capacité de production conséquente. Et cela passe par la France, dans la commune de Haguenau en l’occurrence, qui abrite l’une des plus importantes usines de l’entreprise américaine.

Wrigley va mettre 18 millions d’euros à disposition de ladite usine afin d’en doper la production. Les 17 000 tonnes de M&M’s Crispy, soit cinq tonnes de plus que la production actuelle sont visées pour cette fabrique dont les produits essaiment sur toute l’Europe de l’Ouest. Avec une production annuelle globale de 70 000 tonnes, cette usine alsacienne constitue l’un des cœurs battants du groupe agroindustriel au savoir-faire quasi inégalé en matière de confiserie.

Lourd investissement

D’où les 200 millions d’euros qui y ont été déjà engloutis au cours des 15 dernières années. Le tiers de ce montant a été mobilisé en 2019 dans le but de respecter la nouvelle législation française qui proscrit désormais l’usage du dioxyde de titane, réputé porteur d’effets cancérigènes sur l’organisme. Une quête d’alternative nécessitant de lourds investissements, d’autant que M&M’s souhaite en profiter pour sortir les additifs de ses produits sur l’ensemble des marchés et pas seulement en France. Il y a nécessité, car les consommateurs sont de plus en plus à cheval sur cet aspect.

Avec tous ces investissements, Mars espère multiplier par deux la part des ventes des M&M’s durant la décennie en cours. Histoire aussi de combler les pertes dues au manque d’engouement autour de certains de ses autres produits, dont les chewing-gums, malgré toutes les initiatives entreprises pour éviter cela.

Le segment de la tablette

La société basée à Chicago peut compter pour ce faire sur l’enthousiasme naissant autour d’un de ses derniers segments : les tablettes de chocolat. Après leur succès aux États-Unis entre autres, Wrigley propose aux consommateurs français depuis l’année dernière, des tablettes M&M’s à coups de renfort publicitaire. Objectif : disputer le terrain avec les autres acteurs du marché à l’image de Mondelez et Milka ; et ainsi poursuivre son processus de diversification.

Diamants : le groupe De Beers performe malgré la pandémie

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La bourrasque du Covid-19 partiellement passée, les producteurs mondiaux de diamants retrouvent progressivement des forces. C’est notamment le cas de De Beers, filiale de la holding minière britannique Anglo American. En 2021, elle a enregistré un meilleur résultat financier qu’en 2019, la période d’avant pandémie.

Des records de vente en début d’année

De Beers Group a publié, le 22 décembre dernier, les résultats provisoires de sa dixième et dernière session de ventes de diamants bruts pour 2021. La filiale de la holding minière britannique Anglo American a fait part d’un chiffre d’affaires de 332 millions de dollars au cours de ce cycle. C’est son montant le plus faible de l’année, derrière les 385 millions de dollars du cycle 4. Celui-ci a été plombé par une baisse de la demande en provenance de l’Inde à cause de la pandémie de Covid-19. Pour rappel, les ventes de la première et de la deuxième session de 2021 ont respectivement rapporté 663 millions et 550 millions de dollars, des records pour l’année.

Avec les 332 millions de dollars au cours du dixième cycle, De Beers Group a pu engranger  4,82 milliards de dollars en 2021. Ce résultat annuel est supérieur à celui de 2019 (4,04 milliards), la période avant la pandémie de Covid-19, et celui de 2020 (3,4 milliards de dollars). Il y a deux ans, le chiffre d’affaires total avait diminué de 27 % en raison des conditions de marché difficiles et des blocages en Inde. Il y a donc eu une bonne remontée entre temps. Notons qu’en 2017 et 2018, le chiffre d’affaires s’élévait respectivement à 5,31 et 5,39 milliards de dollars.

Un sentiment général positif dans l’industrie du diamant

Bruce Cleaver, PDG de De Beers explique que « la demande de diamants bruts et le sentiment des marchés ont continué à être positifs dans le dernier cycle de vente de 2021». Pour les premières sessions de ventes de 2022, la compagnie sud-africaine s’attend à de nouvelles hausses des volumes en raison des effets de la période des fêtes de fin d’année et du Nouvel An chinois. Son patron estime que le sentiment général dans l’industrie du diamant va rester dans le vert, surtout sur les marchés clés des Etats-Unis et de la Chine. Il se satisfait parallèlement d’un retour des capacités de production en Inde et d’une forte demande de diamants bruts au cours des derniers cycles de vente.

Un groupe présent dans plusieurs pays

Outre ces trois marchés majeurs, De Beers Group est également présent au Canada, en Afrique du Sud, en Namibie et au Botswana. Dans ce dernier pays, où l’exploitation des diamants représente un cinquième du PIB, 80 % des exportations et 38 % des recettes budgétaires, la compagnie détient une coentreprise avec l’Etat, baptisée Debswana.

Pour rappel, le conglomérat diamantaire sud-africain, détenu à 45 % par Anglo American, a été fondé en 1888 pour exploiter les mines nationales. Mais, avec une croissance des bénéfices, il a jugé bon de conquérir d’autres territoires. Aujourd’hui De Beers est un leader mondial des diamants bruts.

France : les manœuvres délicates de l’industrie du luxe pour la gestion des stocks

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La loi antigaspillage désormais en vigueur contraint les acteurs français du luxe à un traitement rigoureux de leurs stocks. Au risque de crouler sous des invendus dont la gestion n’en reste pas moins difficile.

C’est à un exercice d’équilibriste que les acteurs du luxe tous produits confondus sont désormais confrontés avec l’entrée en vigueur depuis le début de l’année en France de la législation antigaspillage censée détourner le pays de la politique du tout jetable. Notamment concernant les articles non-alimentaires invendus dont la valeur se chiffrait à plus de quatre milliards d’euros en 2019, selon RMC.

Ces produits que la loi interdit désormais de détruire laissent Gucci, Saint-Laurent, Dior et autres Balenciaga dans un certain casse-tête. Ces marques n’étant pas vraiment éligibles aux soldes, qui restent un des principaux moyens d’en finir avec les stocks dans l’univers de la mode et de la maroquinerie entre autres. Un produit de luxe mis en solde fait très souvent l’effet inverse, selon Julie El Ghouzzi experte interrogée par BFMTV.

Calibrer l’offre

Il vaut donc mieux pour les marques faire tout afin d’éviter d’avoir à gérer les surplus. Cela passe notamment par un calibrage de l’offre en fonction des besoins du marché. Un exercice aléatoire, diront à juste titre certains, mais que les acteurs réussissent de plus en plus avec brio, parfois en ayant recours à l’intelligence artificielle, comme Saint-Laurent et Balenciaga. Le groupe LVMH, propriétaire de Louis Vuitton, serait passé maître dans le domaine, à en croire Julie El Ghouzzi qui ne tarit pas d’éloges en leur endroit.

Mais même la meilleure expertise ne suffit pas parfois à s’éviter des invendus. C’est là qu’interviennent d’autres méthodes destinées à aider les marques à s’en débarrasser, n’étant plus en mesure de les détruire comme l’avait fait Hermès en 2017 non sans tollé.

Cession, recyclage, dons

À ce niveau, les firmes avec un grand nombre de personnels s’en sortent le mieux. Puisque le stock non écoulé est cédé aux employés à des prix bien évidemment en deçà du marché.

Les dons aux associations caritatives partenaires sont également une alternative. Au même titre que le recyclage dont les produits dérivés retournent sur le marché. Hermès en a ainsi vendu 39 000 au total en 2020, selon les chiffres de BFMTV. Ce faisant, les marques participent aussi au respect de leur responsabilité sociétale. De quoi faire donc d’une pierre plusieurs coups.