France : le marché des smartphones reconditionnés opposé à la copie privée

La redevance permettant la reproduction par un particulier d’une œuvre au bénéfice de son auteur, vise le secteur de la vente de téléphones de seconde main. Ces acteurs dénoncent une mesure pénalisante.

Les smartphones reconditionnés reviendront-ils prochainement plus chers ? Ce serait en tout cas la conséquence ultime de l’élargissement de la redevance pour copie privée actuellement en discussion en France. Impulsé par le monde culturel, ce dispositif vieux de plusieurs décennies vise à garantir au créateur d’une œuvre la possibilité de toucher une certaine somme chaque fois que son produit est copié pour un usage privé par une tierce personne. Une exception, car en théorie, la copie d’une œuvre est interdite par la loi. Une exception que les artistes confortés par la ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, souhaitent étendre aux smartphones reconditionnés. Ils proposent par la voix de Copie France, structure dédiée à cet effet, l’application d’une redevance de 7,20 pour ces appareils de seconde main d’une capacité de stockage comprise entre 32 et 64 Go. Au-delà, il faudra s’acquitter de 8,40 euros.

Back Market mène la fronde

Le secteur des téléphones reconditionnés est en pleine expansion dans le monde, principalement en France. Beaucoup de Français préfèrent ainsi acheter des smartphones de seconde main au lieu d’investir plus de moyens dans l’acquisition d’un appareil neuf. Sur l’année 2020, 2,6 millions de smartphones reconditionnés ont été écoulés. Soit une hausse de 20% comparée à 2019. La raison de cet engouement est bien évidemment économique, mais aussi écologique. Les études démontrent en effet que les Français changent de trop vite smartphone, ce qui contribue à la flambée des émissions de carbone dans le secteur du numérique. Il leur est donc de plus en plus recommandé un changement d’habitude de consommation au profit du recyclé promu par la filière des smartphones reconditionnés. Un secteur dont la future législation sur le numérique et l’écologie souhaite exonérer de la copie privée. Car, indique le projet de loi, un support taxé une première fois ne saurait être à nouveau frappé de redevance.

La même position est défendue par Back Market, start-up française spécialisée dans la vente des smartphones reconditionnés. À l’instar du syndicat dédié au secteur, elle estime qu’une redevance de copie privée sur les téléphones de seconde main ferait grimper les coûts de vente d’au moins de 10%. Argument non convaincant pour les défenseurs de la mesure dans un contexte où les acteurs culturels sont sinistrés par la crise du Coronavirus. Ils estiment par ailleurs que l’écologie et la culture ne sauraient s’opposer.

Hydrogène naturel : reine des énergies renouvelables en Afrique de l’Ouest avec Aliou Diallo

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Solaire, éolien, hydraulique, géothermie et biomasse. Les énergies renouvelables ont conquis notre planète, qui souhaite reprendre des couleurs. La plupart des industriels européens, américains ou asiatiques ont lancé au moins un projet dans ces énergies. Mais en Afrique de l’Ouest, un entrepreneur malien a fait le choix de miser sur l’hydrogène naturel, une ressource peu connue du grand public.

Les énergies renouvelables, tout le monde en parle depuis plusieurs années. Elles représentent l’espoir d’une planète engagée dans une transition énergétique inédite. Les gouvernements et acteurs de l’énergie investissent énormément dans quatre principaux domaines, à savoir le solaire, l’éolien, l’hydraulique et la biomasse. On voit ces dernières années les projets se multiplier en Europe, en Chine, en Inde, aux Etats Unis et même en Afrique.

Dans ce dernier continent, une autre ressource fait de plus en plus parler d’elle : l’hydrogène naturel. Elle est exploitée depuis 2012 à Bourakébougou, au Mali, par la compagnie Hydroma fondée en 2006 par le milliardaire Aliou Boubacar Diallo. Aujourd’hui, cet ambitieux entrepreneur est reconnu comme le pionnier mondial de l’hydrogène naturel. Et pour cause, il reste à ce jour, le seul au monde à transformer cette ressource en électricité verte. Une prouesse technologique qui lui permet d’être invité dans des grands évènements comme La COP 21 et de se retrouver à la même table que les membres de gouvernement, dont ceux de l’Allemagne.

L’Afrique, clé de la révolution énergétique ?

En Afrique de l’Ouest, Aliou Diallo souhaite opérer souhaite faire des miracles avec l’hydrogène naturel. Il promet notamment résoudre le problème énergétique de la région en produisant de l’énergie verte en quantité et à moindre coût. Cette ambition sera certainement réalisée car les potentialités sont énormes. En effet, l’hydrogène naturel se trouve en abondance dans le sous-sol ouest-africain d’après plusieurs prospections. « L’Afrique va être la clé de la révolution énergétique et l’Afrique aura un rôle à jouer dans la transition énergétique parce que le craton ouest-africain contient de grands gisements d’hydrogène naturel », a confirmé Aliou Diallo, il y a quelques mois. Un rapport de qualification d’Hydroma publié en 2019 indique que les réserves dans la seule région de Bourakébougou sont estimées à 700 milliards de mètres cube !

« Nous ne consommerons que 5% à 10% de notre production »

Alors que le Mali vit à nouveau un sérieux délestage depuis des mois, Aliou Diallo a récemment réitéré au gouvernement sa disponibilité pour aider le pays à gagner son indépendance énergétique. Il assure que ce problème sera résolu s’il avait les financements nécessaires pour lancer une production à grande échelle de son hydrogène naturel. Pour approvisionner plus facilement l’Afrique de l’Ouest, du nord et même l’Europe, le promoteur malien prévoit la construction d’un pipeline qui partira de Bourakébougou jusqu’aux portes de l’Europe.

« Si nous exploitons l’hydrogène naturel pour produire de l’électricité et des produits dérivés comme l’engrais ou l’ammoniac à utiliser dans la mobilité légère et lourde, nous ne consommerons que 5% à 10% de notre production. Donc le reste que faut-il faire avec ? Si on veut avoir des sources de devises, il faut aller vers l’exportation. Il faut alors trouver la meilleure voie d’exportation, celle qui s’adapte le mieux à l’hydrogène vert et à l’hydrogène naturel dans les différents pays cités », avait-il expliqué en octobre 2020. En attendant les financements, Hydroma continue ses travaux à Bourakébougou et vient de lancer la construction de champs de panneaux photovoltaïques pour la production de l’hydrogène solaire.

France : Snapchat, réseau social de la drogue ?

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Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin a nommément mis en cause l’application de contenus multimédias éphémères pour sa responsabilité dans le trafic de drogue. Son responsable assure les autorités de sa collaboration pour enrayer le phénomène.

Pour Gérald Darmanin, il ne fait aucun doute : Snapchat favorise le trafic de drogue sur le territoire français et complique de fait le travail des autorités contre ce fléau. Le ministre de l’Intérieur l’a martelé le 19 mai dernier sur France Inter suite au meurtre deux semaines plus tôt d’un policier lors d’une intervention sur un point de trafic de cannabis à Avignon. À en croire le locataire de la place Beauvau, les trafiquants pour échapper aux contrôles policiers sur les places publiques, ont développé une véritable ingénierie grâce à Snapchat. Les rendez-vous sont ainsi pris pour des livraisons à domicile comme on livrerait une pizza, a-t-il indiqué, accusant le réseau social en des termes à peine voilés de laxisme.

Snapchat plaide la bonne foi

Les accusations sont parvenues aux oreilles de Snapchat qui n’a pas mis du temps à réagir. Evan Spiegel, fondateur et PDG du réseau social a ainsi indiqué 24 h plus tard lors du déploiement par sa plateforme de nouveaux services que son équipe mettait tout en œuvre pour combattre le trafic de drogue. Le trentenaire a surtout fait savoir que les services du réseau social étaient déjà en collaboration avec le ministère de l’Intérieur français dans ce cadre. Il a par ailleurs insisté sur la complexité de lutter contre ce phénomène assimilable à une hydre qui parvient sans cesse à se régénérer malgré les coups reçus.

Un filon qui se développe

Et pour cause, le trafic de drogue semble connaitre aujourd’hui en France une expansion. Les acteurs profitant des réseaux sociaux dont Facebook et surtout Snapchat, très populaire chez les jeunes, ont appris au fil des années à s’adapter. De nouveaux codes de conduite engageant un vrai savoir-faire à l’abri des regards des autorités, comme a pu le démontrer il y a quelques années avec l’affaire « Shit and Co » du nom du réseau de trafic de stupéfiants démantelé à Angers, sont nés. Dans ce dossiers pour lequel quatre hommes avaient été condamnés, plusieurs types de drogue étaient proposés aux clients préalablement parrainés avant admission. Le caractère éphémère des stories sur Snapchat et le chiffrement de bout en bout des conversations privées avaient contribué à un marché qui générait près de 50 000 euros par mois.

France : les vendeurs de vêtements dans l’angoisse

Le déconfinement à venir devait leur permettre d’envisager l’avenir sous de meilleurs jours. Mais les magasins de vente de vêtements sont aujourd’hui plus que jamais inquiets de ce qu’il adviendra de l’énorme quantité d’articles restés invendus.

Ou comment une bonne nouvelle se révèle être source de casse-tête. L’ouverture prochaine – le 19 mai – des commerces en France tant souhaitée par divers acteurs après des mois d’inactivité, est aujourd’hui abordée sans grand enthousiasme du côté des acteurs de la vente de vêtements. Cette situation paradoxale à bien des égards s’explique notamment par le trop-plein d’articles encore présents dans les magasins. Des articles en nombre important, mais hélas devenus inadaptés à cette période de l’année dans l’hexagone.

En effet, les magasins longtemps fermés à cause des restrictions sanitaires tous azimuts n’ont pu écouler leurs produits à temps. Les approvisionnements effectués par exemple pour le printemps sont toujours en magasins malgré l’alternative de la vente via internet adoptée par certains lors des confinements. Le vêtement étant avant tout une affaire de mode, beaucoup de commerçants croulent aujourd’hui sous des stocks dont la clientèle voudra de moins en moins.

Des perspectives pas très encourageantes

L’unique façon de pallier cette situation aurait été le renouvellement des stocks afin d’adapter l’offre à la demande. Mais les magasins pour la plupart en manque de ressources financières, ne peuvent se le permettre. Beaucoup ont été amputés d’une grande partie de leur chiffre d’affaires depuis le début de la crise du Coronavirus. Mais les charges fixes comme le paiement du loyer ou le règlement des frais d’entreposage ont demeuré. Il fallait donc mettre la main à la poche malgré cette situation de vache maigre, au risque de fermer définitivement boutique. Par ailleurs, l’aide de l’État au secteur se révèle aujourd’hui insuffisante. Nombreux sont les commerçants qui estiment avoir été moins bien traités que leurs homologues de la restauration.

Ce sont là autant de raisons qui n’encouragent pas les acteurs de la vente de vêtements à entrevoir la date du 19 mai avec bonheur. D’autant que le secteur voit sa croissance s’éroder au fil des années. Selon Gildas Minvielle, directeur de l’observatoire économique de l’Institut français de la Mode (IFM), la vente en prêt-à-porter est en chute constante depuis plus d’une décennie au détriment du e-commerce. Au risque de menacer l’avenir de la filière ? Les plus optimistes veulent croire au triomphe de la vente en magasin qui garde tout de même quelques atouts.

Augmentation des achats compulsifs : conséquence du Covid ?

Les différents confinements, au-delà d’une évidente lassitude, ont fait apparaître un phénomène de hausse des achats chez certaines personnes. Il en résulte une augmentation générale de l’achat compulsif chez le consommateur français profitant considérablement aux géants du e-commerce.

Plusieurs témoignages font part de cette déprime générale issue des différents confinements. Déprime qui se solde par l’un des seuls moyens de casser la routine d’une vie confinée : l’achat de nouveaux produits. En effet, lorsque les déplacements sont limités et que tous loisirs, commerces et restaurants sont fermés, les grands gagnants sont indiscutablement les sites d’e-commerce et les plateformes de click & collect.

Les géants du e-commerce brisent de nouveaux records

Amazon a enregistré une hausse de son chiffre d’affaires de près de 40 % lors du premier confinement. Cette hausse incroyable pour l’entreprise la plus puissante du monde montre que les comportements d’achat ont profondément évolué en 2020. Cette modification des comportements pourrait être due à l’ennui provoqué par ce nouveau train de vie pour certains, ou à de nouveaux besoins lors de l’adaptation au télétravail pour d’autres.

L’ennui peut également faire survenir de nouveaux loisirs et intérêts pour certains domaines comme le jardinage ou la cuisine. Ces nouveaux records de consommation sur internet témoignent d’une augmentation de l’achat compulsif chez certains profils. Ces consommateurs cherchent à combler l’interdiction de sorties et d’activités sociales à l’extérieur.

Augmentation du trafic pour les sites de vente d’occasion

Cette hausse de l’achat compulsif profite également à un autre marché digital en hausse : celui des ventes d’occasion. À l’image du petit dernier qui frappe fort : Vinted. Cette plateforme pensée pour les mobiles, cible un public jeune, principalement d’étudiants qui ont besoin d’argent de poche en cette période compliquée pour eux. Vinted fait un carton depuis un peu plus d’un an. Entreprise originaire de Lituanie, elle est dorénavant extrêmement bien implantée en France et constate une hausse de 17% de produits mis en ligne pendant les deux premiers confinements.

Le pionnier des ventes d’occasion en France ressort également gagnant de cette période. Leboncoin a calculé un total de 44 millions de biens mis en ligne sur la plateforme pendant l’année fiscale de 2020 contre 28 millions l’année précédente.

Ces chiffres témoignent donc d’une croissance de l’achat et de la revente en e-commerce pendant le confinement. Ils valident également cette augmentation de l’achat compulsif et du changement des habitudes de consommation des Français.

Paris : enjeux financiers autour des terrasses éphémères

La mairie de la capitale réfléchit à facturer très prochainement l’extension des restaurants et bars sur l’espace public. Au grand dam des restaurateurs qui demandent un sursis.

Après des mois de quasi-inactivité, le besoin de renflouer les caisses n’a jamais été impérieux pour la mairie de Paris. Et au nombre des niches pouvant permettre à la Ville d’y parvenir figurent notamment les terrasses éphémères. Nées dans le sillage du premier confinement en mars dernier, ces extensions accordées aux bars et restaurants sont depuis rentrées dans les habitudes. Les professionnels y avaient alors trouvé l’opportunité de pouvoir maintenir leur clientèle face aux restrictions relatives au rassemblement. Quant au public, il s’agissait d’une occasion de retrouver un tant soit peu les joies de la fréquentation des restaurants. Une joie qui va sans doute se prolonger, mais avec une incidence sur le portefeuille des restaurateurs.

La mairie de Paris va en effet pérenniser lesdites terrasses, ainsi que l’a indiqué l’édile Anne Hidalgo dans les colonnes du Journal du dimanche (JDD) le week-end dernier. Mais ceux qui veulent en bénéficier devront dorénavant passer à la caisse. Fini donc la gratuité qui prévalait depuis déjà 16 mois et qui aura coûté 34 millions d’euros à la municipalité, selon sa première responsable. Cette dernière évoque, pour justifier cette décision encore à l’étude, la nécessité pour la Ville d’engranger de l’argent après son investissement de plusieurs millions d’euros en guise de soutien aux différents acteurs économiques.

Les restaurateurs pestent

Concernant le montant de la redevance, Anne Hidalgo est peu loquace pour l’instant, insistant sur le fait que la décision n’a pas encore été tranchée. La mairie prépare en effet un nouveau cadre juridique sur la réglementation de ces terrasses. Cela concerne notamment la propriété et les nuisances sonores contre lesquelles la maire promet une lutte sans relâche. En attendant d’être fixés sur le prix à payer, les restaurants pourront continuer à bénéficier de la gratuité qui s’étend jusqu’à la fin de l’été. Mais ce laps de temps ne les agrée guère. Si certains semblent d’accord à l’idée de mettre la main à la poche pour bénéficier des terrasses, d’autres estiment le timing inopportun. Comment en effet demander à des gens qui rouvrent à peine après des mois de cessation d’activité de payer ? D’où l’appel de nombreux syndicats en faveur d’une prolongation de l’exonération de paiement. La mairie a promis se concerter avec les différents acteurs avant d’acter une décision définitive.