Lors de l’Investor Day, Stellantis a annoncé la signature d’un partenariat avec la startup britannique Wayve pour intégrer une nouvelle génération de conduite automatisée basée sur l’IA à sa plateforme STLA AutoDrive. Grâce à cet accord, le constructeur automobile américano-européen espère rattraper son retard sur les constructeurs américains et chinois, très avancés sur le sujet.
Le jeudi 21 mai 2026, en marge de son Investor Day, Stellantis a annoncé un partenariat stratégique avec Wayve, une entreprise britannique spécialisée dans l’intelligence artificielle appliquée à la conduite automatisée. Cet accord repose sur l’intégration de son logiciel de conduite assistée Wayve AI Driver dans la future plateforme STLA AutoDrive du constructeur franco-italo-américain. Il permettra l’introduction d’une conduite supervisée de niveau 2++ mains libres aux véhicules du groupe, aussi bien en milieu urbain que sur autoroute.
Stellantis était déjà entré au capital de Wayve
Ce partenariat est une suite logique pour Stellantis. En février dernier, le constructeur automobile était entré au capital de la startup britannique, aux côtés de Mercedes-Benz et Nissan, via un tour de table de Série D de 1,2 milliard de dollars mené notamment par SoftBank Vision Fund 2 et Eclipse. Fondée à Londres en 2017, Wayve développe un « AI Driver » capable de fonctionner sans une utilisation massive de cartes HD comme le font les concurrents. Son système s’appuie principalement sur l’apprentissage en conditions réelles, afin de s’adapter à différents environnements, à l’instar d’un conducteur humain.
Une conduite assistée par IA et non une conduite autonome
Selon Wayve, AI Driver propose une assistance à la conduite plus sûre, plus naturelle et plus intuitive, en phase avec la manière dont les clients conduisent réellement dans leur environnement quotidien. Cette technologie permet à la voiture de gérer la direction, l’accélération, le freinage et les changements de voie. Toutefois, le conducteur peut reprendre la main à tout moment. Il doit d’ailleurs garder les yeux sur la route. Dès lors, il ne s’agit pas d’une conduite autonome comme avec les Tesla, mais d’une conduite assistée par IA ou automatisée. Stellantis aurait déjà réceptionné un prototype produit en moins de deux mois. Ce court délai en dit long sur la modularité du système.
Les premiers modèles attendus en Amérique du Nord en 2028
Wayve travaille déjà avec plusieurs marques et jouit d’une implantation mondiale. Stellantis pourra ainsi déployer la technologie rapidement et sans de gros investissements. De plus, l’approche d’IA end-to-end de AI Driver est pensée pour s’adapter à différents pays et types de véhicules, permettant une intégration progressive et large sur plusieurs marchés. Grâce à ce système, le fabricant américano-européen compte transformer ses futures voitures (Jeep, Dodge ou Peugeot) en véhicules intelligents, capables d’apprendre à conduire en situation réelle, presque comme un humain, pour garantir un trajet porte-à-porte. Il lancera ses premiers modèles en 2028 en Amérique du Nord, et plus tard en Europe.
Stellantis a signé un autre partenariat avec Qualcomm
Notons que Stellantis a également signé, ce même jeudi 21 mai, un partenariat avec Qualcomm. Objectif : exploiter au maximum les plateformes Snapdragon Digital Chassis de l’entreprise américaine pour proposer dans une même architecture les fonctions liées au cockpit numérique, à la connectivité et aux aides à la conduite. Avec ces accords, Stellantis espère rattraper son retard sur les constructeurs américains comme Tesla ainsi que les groupes chinois très avancés sur l’IA et la conduite autonome. Outre le défi industriel, le constructeur vise un enjeu commercial : il pourrait générer de gros bénéfices en misant sur des formules d’abonnement.
